(Le président béninois fortement adoubé et célébré à la veille de son départ)
Le 24 mai prochain marquera une transition dans l’histoire politique du Bénin. Après deux mandats à la tête du pays, le président de la République Patrice Talon passera officiellement le témoin à son successeur, Romuald Wadagni. Alors que e régime Talon égrenne ses derniers jours à la tête du pays, un constat saute à l’oeil : le chef d’État béninois sortant suscite une vague de reconnaissance populaire. Une réalisation en sorte de son souhait d’être porté en triomphe au terme de son mandat.

“Je rêve que les Béninois me portent en triomphe…” confiait Patrice Talon au journal français Le Monde, en mai 2016. Dix ans après, les fruits semblent avoir tenu la promesse des fleurs. Patrice Talon a toute la reconnaissance du peuple béninois au soir de sa gestion. En effet, porté par le slogan du “Nouveau départ” dès 2016, celui qu’on appelle affectueusement « agbonnon » aura imprimé une nouvelle marque à la gouvernance publique, fondée sur la rigueur, les réformes structurelles et une culture du résultat. Dix années plus tard, le bilan semble trouver un écho favorable auprès d’une frange importante de la population. Les manifestations de soutien et de gratitude observées ces dernières semaines en sont une illustration concrète. À l’occasion de son 68ème anniversaire, son dernier en tant que chef de l’État, une série d’activités d’envergure ont été organisées à travers le pays. Marches de remerciement, soirées de gala, remises de distinctions honorifiques, concerts géants et spectacles populaires. Autant d’initiatives qui traduisent l’attachement des Béninois à celui qui aura dirigé, dix ans Durant, le pays avec rigueur, dextérité et méthode. Au-delà du caractère festif, ces événements révèlent une volonté collective d’exprimer leur gratitude à celui qui a construit le Bénin en peu de temps. Pour les populations, Patrice Talon incarne une figure d’homme d’action, parfois qualifié d’“Hercule du Bénin” en référence à l’ampleur des chantiers engagés et à la détermination affichée dans leur mise en œuvre. Infrastructures, modernisation administrative, réformes économiqueset numériques, les arguments pour justifier cet engouement ne manquent pas. Ce climat de reconnaissance va jusqu’à développer, chez certains citoyens, un sentiment de regret anticipé. Le départ de Patrice Talon est perçu non seulement comme la fin d’un cycle, mais aussi comme la perte d’un leader. Cette émotion collective, qu’elle soit portée par des partis politiques ou des associations de sympathisants, participe à construire l’image d’un dirigeant “porté en triomphe” au moment de quitter La Marina. Toutes ces actions traduisent une volonté longtemps affichée dès le début de sa gouvernance. Dès les premières années de son mandat, Patrice Talon avait exprimé son souhait d’être jugé sur ses résultats et de quitter le pouvoir avec le sentiment du devoir accompli. Être “porté en triomphe” apparaissait alors comme une quête de glorification et la consécration d’une gouvernance efficace. Aujourd’hui, les témoignages de reconnaissance semblent donner raison à cette aspiration.
Abdourhamane Touré
















