Le gouvernement béninois poursuit son soutien aux producteurs agricoles pour la campagne 2026-2027. Réuni en Conseil des ministres le mercredi 13 mai 2026, l’Exécutif a décidé de maintenir les prix de cession des engrais au même niveau que lors de la campagne précédente, malgré la hausse persistante des coûts sur le marché international.
À travers cette mesure, l’État entend prévenir toute perturbation dans l’approvisionnement des intrants agricoles et garantir aux producteurs des prix accessibles afin d’assurer le bon déroulement de la campagne agricole sur toute l’étendue du territoire national. Le Conseil des ministres a ainsi reconduit les prix pratiqués au cours de la campagne 2025-2026. Les producteurs continueront donc d’acheter les engrais aux tarifs suivants Npk coton : 17.000 FCfa le sac de 50 kg, soit 340 FCfa /kg, contre un prix réel de 23.500 FCFA ; Npk vivriers : 17.000 FCfa le sac de 50 kg, soit 340 FCfa /kg, au lieu de 24.250 FCFA ; Urée : 15.000 FCfa le sac de 50 kg, soit 300 FCfa /kg, contre 19.250 FCfa ; Kcl : 14.000 FCfa le sac de 50 kg, soit 280 FCfa /kg, contre 17.250 FCfa et Ssp : 14.000 FCfa le sac de 50 kg, soit 280 FCfa/kg. Le gouvernement précise que ces prix concernent aussi bien les cultures vivrières que la production cotonnière, dans le but de soutenir l’ensemble du secteur agricole béninois.
Un effort financier de près de 32 milliards FCfa
Pour maintenir ces tarifs préférentiels, l’État béninois consent un important effort financier estimé à 31.875.707.365 FCfa, soit environ 32 milliards FCfa. Cette enveloppe est en hausse par rapport à celle de la campagne précédente, évaluée à environ 26 milliards FCfa. Cette augmentation s’explique par la flambée des prix de certains engrais sur le marché international, alors même que le gouvernement a choisi de ne pas répercuter cette hausse sur les producteurs. À travers cette politique, l’Exécutif veut éviter un renchérissement des intrants agricoles qui pourrait entraîner une baisse de la production nationale et menacer la sécurité alimentaire.
Pourquoi un nouveau soutien de l’État ?
Le gouvernement justifie cette nouvelle intervention par le contexte international toujours tendu. Le conflit russo-ukrainien qui se prolonge ainsi que les difficultés liées au transport maritime, notamment autour du détroit d’Ormuz, continuent d’affecter le commerce mondial des engrais. Face à cette situation, les autorités béninoises estiment nécessaire de préserver le pouvoir de production des agriculteurs afin d’éviter un effondrement des rendements agricoles. Le maintien des prix subventionnés vise également à améliorer la productivité des cultures vivrières et cotonnières, tout en protégeant les consommateurs contre une flambée des prix des denrées alimentaires.
Des sacrifices consentis depuis plusieurs années
Depuis quelques années, le gouvernement du président Patrice Talon multiplie les efforts pour maintenir les engrais à des coûts abordables malgré les tensions internationales. Les soutiens accordés aux producteurs ont ainsi atteint 55 milliards FCfa pour la campagne 2022-2023 ; environ 30 milliards FCfa en 2023-2024 et 24,4 milliards FCfa en 2024-2025. Grâce à ces différentes interventions, les prix des intrants sont restés relativement stables et accessibles aux producteurs béninois. Le gouvernement souligne également qu’en dépit de l’arrêt des subventions directes à la filière coton depuis 2016, il continue d’accompagner les producteurs à travers des mesures ciblées sur les intrants agricoles.
Appel à la vigilance contre la sortie frauduleuse des intrants
Les autorités ont enfin appelé tous les acteurs du secteur agricole à une vigilance accrue afin d’empêcher la sortie frauduleuse des engrais vers les pays voisins. Le gouvernement rappelle que certains producteurs ont déjà, par le passé, revendu des intrants subventionnés hors des frontières nationales. Une pratique qui compromet les efforts de l’État et prive les agriculteurs béninois des appuis destinés à soutenir la production nationale.
Léonce Adjévi


















