À l’occasion de la commémoration du drapeau haïtien, la République d’Haïti a marqué à Cotonou la réouverture officielle de son Ambassade au Bénin, avant de poursuivre la célébration par une conférence-débat à l’Université d’Abomey-Calavi, scellant un nouvel élan diplomatique et universitaire entre les deux nations.
Le 18 mai 2026, la République d’Haïti a célébré à Cotonou la fête de son drapeau national, couplée à la réouverture officielle de son Ambassade au Bénin. Au son des hymnes béninois et haïtien, interprétés par le clarinettiste Landry et la chanteuse Ayam Sèdjro, les deux étendards ont flotté côte à côte, symbole d’un renforcement des liens historiques, diplomatiques, culturels et scientifiques entre les deux pays. Placée sous le signe de la mémoire révolutionnaire, de la fraternité et du dialogue interculturel, la cérémonie a rassemblé un parterre de personnalités diplomatiques et institutionnelles, notamment des représentants de missions étrangères, de l’Organisation des Nations Unies, de la Cedeao, ainsi que des autorités communales, des membres de la communauté haïtienne et plusieurs têtes couronnées du Bénin. Prenant la parole au nom des souverains, Sa Majesté Guidimadjègbé, Roi de Porto-Novo, a affirmé : « Les Haïtiens sont des Béninois et les Béninois sont des Haïtiens », avant d’élever des prières de paix et de prospérité pour le peuple haïtien. Dans son allocution, Madame Dominique Brutus, Chargée d’affaires a.i. de l’Ambassade d’Haïti au Bénin, a souligné que cette réouverture traduit la volonté des autorités haïtiennes de consolider leur présence diplomatique en Afrique et de raviver les liens historiques avec les peuples africains et la diaspora caribéenne. Elle a également rappelé la portée symbolique du 18 mai 1803, date de création du drapeau haïtien. Représentant la partie béninoise, Son Excellence Marius Loko, Directeur général des relations extérieures, a salué cette dynamique nouvelle et réaffirmé l’engagement commun à intensifier la coopération culturelle, éducative et scientifique. La cérémonie s’est achevée par des prestations artistiques, dont une performance de slam-poésie d’Amagbégnon, mettant en lumière le vodun comme trait d’union entre le golfe de Guinée et les Caraïbes.
La jeunesse au cœur du dialogue afro-caribéen
Dans la continuité des célébrations, l’amphithéâtre Houdégbé de l’Université d’Abomey-Calavi a accueilli une conférence-débat réunissant étudiants, universitaires et acteurs culturels autour de l’histoire d’Haïti et des perspectives de coopération afro-caribéenne. Sous l’égide de Madame Dominique Brutus, les échanges ont mis en avant des valeurs communes de justice, de liberté et de dignité. Deux panels ont structuré la rencontre. Le premier, animé notamment par Dieudonné Gnammankou et le Professeur Raymond Assogba, a revisité l’héritage des luttes historiques et invité les étudiants à s’inspirer de la révolution haïtienne. Le second, autour du thème « L’imaginaire en action : culture et arts comme leviers de résilience », a souligné le rôle des pratiques culturelles dans la construction de l’identité et de la mémoire collective. Au-delà des débats, la rencontre a ouvert des perspectives concrètes : partenariats universitaires, programmes d’échange, colloques conjoints et initiatives artistiques communes. Ainsi, la journée du 18 mai s’est imposée comme un moment fort de solidarité, scellant un rapprochement renouvelé entre Haïti et le Bénin.
Abdourhamane Touré

















