Invité le mercredi 10 juin 2026 dans l’émission « La Matinale » de la chaîne E-télé, Gérard Gbénonchi, député à l’Assemblée nationale et président de la Commission des finances et des échanges, a apporté des éclaircissements sur la loi n°2026-07 relative à la répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires en République du Bénin qui a été adopté par les députés le 22 mai 2026.
Intervenant sur le thème de discussion : « Faux monnayage, refus de pièces et civisme économique : comprendre les enjeux de la nouvelle loi monétaire », Gérard Gbénonchi a donné un éclairage approfondi sur les dispositions de la nouvelle loi monétaire, les mécanismes de lutte contre le faux-monnayage, ainsi que les sanctions qu’encourent les personnes qui refusent des pièces dans les échanges économiques. Selon lui, la loi qui a été votée par les députés est communautaire. A l’entendre, quand on parle de loi communautaire, c’est une loi uniforme qui a vocation à s’appliquer sur les territoires de tous les États de l’Uemoa. « C’est une loi qui a été donc préparée sous l’égide l’Uemoa. Cela concerne donc les huit États membres de cette union et la loi a vocation à être appliquée dans les espaces territoriaux donc de tous les huit États. Le Bénin devrait donc internaliser cette loi, c’est-à-dire par le mécanisme du vote à l’Assemblée nationale, l’intégrer dans notre corpus juridique interne et c’est ce que nous avons fait », a-t-il déclaré. D’après les explications de Gérard Gbénonchi, cette loi dit clairement que la monnaie qui est un instrument d’échange économique entre les opérateurs économiques doit être protégée. « On ne doit pas refuser un billet de monnaie froissé. On ne doit pas refuser une pièce de monnaie lisse. On ne doit pas faire du faux monnayage. On ne doit pas faire du faux sur cette monnaie, de fabriquer de faux billets et on ne doit pas porter atteinte aux signes qui sont donc sur les pièces de monnaie ou les billets de banque. Désormais, c’est interdit. Si quelqu’un s’adonne à cela, il faut savoir que désormais tous ces comportements sont des infractions qui sont donc sanctionnées par la loi communautaire que nous avons votée », a expliqué le président de la Commission des finances et des échanges. Il a souligné que la confiance doit être renforcée autour de la monnaie. L’élu a indiqué que cette loi a été adoptée à cause des comportements observés depuis longtemps chez les citoyens. « La monnaie, c’est un papier auquel les autorités monétaires ont accordé une valeur et cette valeur doit être acceptée par les populations. C’est une affaire de confiance. Donc, c’est important que tous les citoyens s’intéressent à cela parce que la monnaie, c’est un bien collectif. Ce n’est pas seulement la monnaie de l’Uemoa. Ce n’est pas la monnaie du Bénin, mais c’est la monnaie de tout le monde », a soutenu le député à l’Assemblée nationale.
Le refus de billets froissés ou de pièces lisses sanctionné
A l’en croire, quand on commence à refuser la monnaie, cela détériore la confiance qui est un élément principal de la monnaie. Au cours de l’émission, il a précisé que les citoyens doivent savoir que refuser une pièce de monnaie ou un billet de banque froissé de manière injustifiée est désormais une infraction et ils doivent s’attendre à subir les rigueurs de la loi. Il a affirmé également que la « loi a prévu les mécanismes par lesquels si l’état d’un billet ne vous contente pas, vous pouvez vous rapprocher donc de la banque centrale pour vous le faire changer ou même des banques commerciales qui sont instruites à cet effet ». De façon concrète, cette nouvelle loi sanctionne le refus des pièces usées et les billets froissés émis par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Le nouveau texte interdit par exemple aux commerçants, aux transporteurs et autres de refuser les pièces lisses et billets froissés sous peine d’une amende allant de 100 000 à 500 000 FCfa.
Patrice Zoundé (Coll)


















