Du 06 au 09 août 2026, la Commune de Glazoué a brillé sous les projecteurs de la dixième édition du Festival de l’igname Labôkô (Fila). Quatre jours de festivités qui ont mis en lumière l’art culinaire, les traditions, les talents artistiques et les potentialités agricoles de la région. Entre hommage aux pionniers, plaidoyer pour la filière igname et appel à l’unité sociale, ce jubilé a marqué une étape historique dans la valorisation du patrimoine local.
La Commune de Glazoué, dans le département des Collines, a marqué ses dix ans de fierté et de transmission autour du Festival de l’igname Labôkô. Dans son allocution, Sylvestre Houéhou, président du comité d’organisation, a rappelé que le Fila est bien plus qu’une fête agricole. « Il est le reflet de notre identité, de notre histoire et de notre savoir-faire. » Ce jubilé a été l’occasion de rendre hommage aux pionniers, producteurs, artisans et autorités qui ont contribué à faire du festival un rendez-vous incontournable. Le Labôkô, variété d’igname exceptionnelle, est au cœur de l’histoire de Glazoué. Héritée des échanges avec le Ghana, cette culture a façonné l’implantation de la ville et son dynamisme économique. Aujourd’hui, Glazoué demeure le grenier de l’igname dans les Collines, avec plus de 60 % de la production départementale et 16 % de la production nationale. Ainsi, les organisateurs ont lancé un appel solennel à l’État béninois pour un accompagnement structuré de la filière igname, à l’image du coton. Un encadrement technique et institutionnel permettrait de renforcer la productivité, la compétitivité et de faire de l’igname un véritable levier de croissance nationale.
Vers un festival international
Bienvenue Badou, président de l’Union pour le développement de la Commune de Glazoué (Udcg), a proposé de donner au Fila une dimension internationale, en l’appelant désormais Festival international de l’igname Labôkô. Il a également insisté sur la nécessité de pacifier les relations entre agriculteurs et éleveurs, rappelant les dégâts causés par les troupeaux sur les champs d’ignames. L’Udcg a profité de ce rassemblement pour encourager les jeunes à s’inscrire dans des initiatives locales comme l’atelier moderne de menuiserie ouvert en 2025, et pour annoncer un partenariat avec le Centre national de sécurité routière afin de sensibiliser contre les accidents de circulation. Dieudonné Agbaka, maire de Glazoué, a rappelé que l’igname n’est pas un simple produit agricole mais « mémoire, culture et lien entre les générations ». Il a salué les producteurs, véritables piliers du festival, et souligné que le Fila est devenu un outil de développement local, offrant visibilité, dynamisme économique et rayonnement culturel. Dans une déclaration solennelle, il a proclamé l’igname Labôkô « reine des ignames » de l’édition 2026. Au nom du préfet des Collines, Rafiou Bouraïma a insisté sur la dimension identitaire et civilisationnelle du Labôkô. Il a affirmé que le festival s’inscrit dans une dynamique de paix, de solidarité et de cohésion sociale, en cohérence avec la politique gouvernementale de promotion des arts et cultures. Il a également évoqué les efforts du ministère de l’agriculture pour améliorer la conservation et la commercialisation internationale de cette variété exceptionnelle. Jacob Afoura, Directeur départemental de la culture, des arts et du patrimoine du Zou et des Collines, a pour sa part, rappelé que le Fila est « une célébration de notre identité, de notre histoire et de notre patrimoine vivant », et qu’il s’inscrit dans la politique nationale de promotion des arts et cultures. Le festival, selon lui, stimule l’économie locale, favorise le tourisme culturel et crée des opportunités pour la jeunesse. Les interventions ont convergé vers une ambition commune, celle de faire du Fila un levier de développement touristique et économique. Le festival est appelé à se structurer davantage pour positionner Glazoué comme une destination agro-touristique incontournable, tout en renforçant la paix et le vivre-ensemble dans le département des Collines.
L’évaluation des producteurs
Un comité a évalué 35 producteurs d’igname Labôkô afin de primer les trois meilleurs. Après un processus rigoureux, Assaba Benoît a été sacré premier avec une moyenne de 15/20, suivi de Tossa Fortuné (14/20) et Symplice Bocodé (13/20). Toutefois, le comité a relevé une forte utilisation d’herbicides, en contradiction avec l’objectif de promouvoir les pratiques agroécologiques. Avant la consommation de la nouvelle igname, les prêtres du Fâ ont révélé le signe autorisant le rituel, perpétuant ainsi une tradition ancestrale qui confère au festival sa dimension spirituelle et culturelle. Jean Eudes Okoundé, digne fils des Collines, a salué la population et les organisateurs, rappelant que Glazoué détient la palme de la grande productrice d’ignames au Bénin. La parade des Zangbétô, des Egungun et l’animation des adeptes du vodun Atingali ont donné une couleur traditionnelle et festive à cette édition. Le jubilé du Fila 2026 a marqué une étape historique : l’igname Labôkô, trésor du terroir, est désormais consacrée comme reine des ignames. Entre tradition et modernité, Glazoué affirme son identité et son rôle stratégique dans l’économie agricole et culturelle du Bénin.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)


















