Dans le cadre du projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le corridor Atlantique, le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), avec l’appui de la Norvège, a procédé en juin 2026 à la mise en place de deux Pools de Messagers de la Paix dans les communes de Gogounou et de Pèrèrè. Une initiative destinée à renforcer la cohésion sociale et à prévenir la propagation des discours de haine et de la radicalisation.
Face à la progression de l’extrémisme violent dans le golfe de Guinée, la prévention communautaire apparaît comme un levier essentiel. Le Bénin, notamment ses départements septentrionaux, reste exposé aux effets de l’insécurité et aux risques d’infiltration de groupes armés opérant dans le Sahel et au Nigeria. À ces menaces sécuritaires s’ajoutent des facteurs de vulnérabilité liés à la pauvreté, au chômage, au sentiment d’exclusion et à la faiblesse des opportunités socio-économiques. C’est dans ce contexte que le Pnud et la Norvège mettent en œuvre le Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le corridor Atlantique. L’initiative entend s’attaquer aux facteurs de radicalisation, renforcer les infrastructures locales de paix et promouvoir une approche préventive fondée sur l’implication des communautés.
Des acteurs locaux mobilisés pour la paix
La mise en place des deux Pools de Messagers de la Paix s’inscrit dans le prolongement des recommandations de l’atelier organisé du 27 au 30 décembre 2023 dans le cadre de la première phase du projet. Cette rencontre avait notamment permis d’identifier les principales portes d’entrée des discours de haine et de définir des stratégies pour les déconstruire et promouvoir des discours alternatifs et positifs. À Gogounou comme à Pèrèrè, les participants ont été sensibilisés aux conséquences des discours de haine et à l’importance des contre-discours. À travers des travaux de groupe, ils ont identifié les expressions de haine présentes dans leurs communautés, proposé des messages alternatifs et élaboré des plans d’action à mettre en œuvre dans leurs nouvelles fonctions de messagers de paix. L’initiative a mobilisé des représentantes d’associations et de coopératives féminines, des cheffes traditionnelles, reines-mères, élues locales, animatrices de radios communautaires, jeunes femmes leaders, leaders religieux et traditionnels, organisations de jeunesse, associations culturelles et sportives ainsi que des personnes-ressources et leaders d’opinion.
Une mobilisation communautaire appelée à se poursuivre
L’installation des Pools s’est déroulée dans les chefs-lieux des deux communes, en présence des autorités communales, commissaires d’arrondissement, élus locaux et responsables des Centres de promotion sociale. L’activité a été facilitée par des personnes-ressources et des cadres du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, à travers le Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme (Sp/Cnlcrevt). Les activités ont été clôturées par des caravanes de sensibilisation dans chacune des communes. À travers cette démarche, les différents acteurs entendent faire des communautés des espaces de résistance aux discours de haine, de promotion de la tolérance et de consolidation durable de la paix.
Gabin Goubiyi


















