À quelques semaines du coup d’envoi de la 12ème édition de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la Fifa, prévue du 5 au 27 septembre 2026 en Pologne, la sélection nationale du Bénin entame la dernière ligne droite de sa préparation. Après une première phase de travail à Cotonou, les Amazones s’éjournent actuellement du côté de Paris pour un stage de trois semaines. Face aux médias lors d’une conférence de presse tenue le dimanche 9 août 2026, le sélectionneur national, Abdoulaye Ouzérou, est revenu sur la constitution de son effectif, le choix du lieu de regroupement, les coulisses de la préparation et sa vision du métier. Ci-dessous ses propos :
Le Matinal : Quels sont les objectifs de ce stage en France et pourquoi ce choix géographique ?
Abdoulaye Ouzérou : « On va à une Coupe du Monde, il faut donc forcément essayer de trouver des adversaires d’un autre niveau. La France est pour moi le meilleur endroit pour croiser des équipes qui préparent aussi le Mondial ou qui sont en stage dans la zone. En connaissant nos futurs adversaires, notamment américains et européens, cela nous permettra de nous étalonner face à ce type de profil afin d’avoir une idée précise de ce qui nous attend dès le 5 septembre. Nous aurons trois à quatre matchs amicaux contre de très bons clubs et des sélections.
Au niveau de la liste, on note quelques absences remarquées, notamment des joueuses de talent ou des cadettes U-17. Quels ont été vos critères de sélection ?
Pour des joueuses comme Nazifatou Dangui, c’est un choix purement sportif. Elle avait fait de très bonnes prestations avec les U-17, mais c’était la première fois qu’elle venait avec nous. La concurrence est rude. Elle aura le temps de grandir et de disputer les éliminatoires de la prochaine édition. Concernant d’autres absences comme celle de Labylle Etchou, elle est tout simplement blessée. Nous ne pouvons pas emmener des joueuses blessées en compétition. Mes choix se font sans sentiments : je retiens celles que j’estime les plus prêtes à l’instant T.
Comment s’organise la préparation sur le plan mental et administratif ?
Sur le plan psychologique, une spécialiste accompagne déjà les filles au quotidien… C’est un aspect primordial : avec l’impact des réseaux sociaux, si vous n’êtes pas armé mentalement, cela devient vite compliqué. Sur le plan administratif, tout est parfaitement réglé. Les visas ont été obtenus, les vaccinations sont à jour et nous n’avons rencontré aucun problème. Je tiens d’ailleurs à remercier les responsables qui se battent depuis des semaines pour nous mettre dans les meilleures conditions.
Comment abordez-vous la phase de groupes et quels seront les atouts des Amazones en Pologne ?
L’objectif premier est de franchir ce premier tour. Nous connaissons nos forces, notamment une attaque très rapide qui a fait ses preuves durant les éliminatoires. Aujourd’hui dans le football, l’organisation collective est essentielle, mais ce sont souvent les individualités qui font la différence. Nous avons la chance d’avoir des joueuses offensives capables d’être décisives sans avoir besoin de mille occasions. Concernant nos adversaires, nous avons pu faire de la vidéo, notamment sur la Pologne qui jouera sa première compétition, ainsi que sur le Mexique et l’Argentine qui sont des habitués.
Quel est votre état d’esprit par rapport à la pression médiatique et à votre avenir à la tête de la sélection ?
Cela fait plusieurs années que je suis là et je suis préparé à tout. Je sais que le parcours d’un entraîneur est fait de hauts et de bas. Concernant mes relations avec la presse, mon téléphone a toujours été ouvert pour apporter les bonnes informations. Je demande simplement du respect mutuel dans la démarche. Pour le reste, je reste concentré sur ma mission : si nous ne répondons pas aux attentes, je serai le premier à en assumer la responsabilité. Pour l’heure, tout le groupe est focalisé sur l’objectif mondial.
Propos recueillis : Karol B. Sékou (Coll)




















