Désigné pays hôte de la 24ème édition de la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa), le Bénin a lancé officiellement à Cotonou, le mardi 25 août 2026, les préparatifs à travers la signature du protocole d’accord entre le gouvernement du Bénin et la Société africaine anti-sida (Saa), et cela a été suivi d’une conférence de presse. Cette cérémonie d’annonce officielle a été conjointement présidée par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin et Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des finances, chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette.
Du 5 au 9 décembre 2027, Cotonou abritera la 24ème édition de la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique. Ce mardi 25 août 2026, le Bénin a franchi une étape décisive dans l’organisation d’Icasa 2027 par la signature du protocole d’accord entre le gouvernement du Bénin et la Société africaine anti-sida. En effet, la désignation du Bénin est l’aboutissement d’un processus lancé le 30 novembre 2024, date de l’appel à candidatures de la Saa. Le pays avait déposé son dossier le 31 juillet 2025, avant d’être officiellement retenu le 8 décembre 2025 à Accra, au Ghana, en marge d’Icasa 2025. La sélection du Bénin comme pays hôte avait été annoncée le 27 juillet 2026 à Rio de Janeiro, au Brésil, lors de la 26ème Conférence internationale sur le sida.
Les critères qui ont favorisé le Bénin dans la sélection du pays hôte
A l’occasion de la conférence de presse, le ministre Benjamin Hounkpatin a révélé les critères qui ont poussé la Saa à porter son choix sur le Bénin. « Il faut dire qu’il y a des critères à respecter pour pouvoir abriter la conférence Icasa. Icasa c’est pratiquement 10 000 participants qui vont venir. Et par rapport à ça, la Société africaine anti-sida a un certain nombre d’exigences, notamment des capacités d’accueil, la disponibilité des salles de conférence pouvant accueillir au moins 7 000 personnes, et la capacité de mettre en place un espace pour implémenter le village communautaire, un village qui sera animé durant toute la période de la conférence », a expliqué le ministre de la Santé. En poursuivant son explication, il a mis l’accent sur les critères du leadership du Bénin en matière de lutte contre le Vih, du développement du réseau routier et des capacités hôtelières du pays. « Vous savez très bien que nous avons un modèle unique au niveau de notre pays avec la création du Conseil national de lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose, le paludisme, les hépatites, les infections sexuellement transmissibles et les épidémies. Au-delà de ça également, il faudrait que le pays soit en mesure de mobiliser les acteurs engagés dans la lutte contre le Vih autour de cette conférence, avec une capacité à pouvoir mobiliser au moins 500 participants autour de la conférence », a-t-il ajouté. Il a également souligné que le Bénin était en compétition avec un autre pays de la sous-région pour l’organisation d’Icasa 2027. « Le Bénin a proposé un dossier plus solide et je pense que notre dossier avait déjà gagné avant même qu’on ait franchi les autres étapes. Le Bénin s’est senti vraiment en mesure d’accueillir Icasa 2027 », a-t-il précisé.
Un protocole d’accord qui unit le Bénin et la Saa
D’après le ministre de la Santé, la signature du protocole d’accord constitue une étape importante et marque le passage de la candidature à l’action. « A compter de cette signature, nous entrons pleinement dans la phase de préparation effective de la conférence », a fait savoir le ministre Benjamin Hounkpatin. A l’entendre, le protocole d’accord établi dans le cadre de la co-organisation entre la Saa et la République du Bénin précise les responsabilités des deux parties. Il consacre, notamment, le rôle du ministère de la Santé comme organisateur local avec l’appui du gouvernement et celui de la Société africaine anti-sida comme dépositaire et partenaire de la conférence. Selon lui, pour la réussite d’Icasa 2027, le Bénin va mobiliser tous les secteurs concernés et toutes les compétences nécessaires en travaillant avec méthode, rigueur, anticipation et l’esprit de partenariat. De son côté, la délégation de la Société africaine anti-sida, conduite par son président, Dr. Richard Nchabi Kamwi, a salué l’engagement du Bénin. « Le protocole d’accord que nous ratifions ce jour, témoigne une fois encore de notre détermination collective à rechercher et à promouvoir des solutions africaines, endogènes, adaptées à nos réalités, face aux défis auxquels notre beau, riche et grand continent est confronté », a indiqué le président de la Saa.
Icasa change de dimension et devient Icasa+
Il a, par ailleurs, confié que la 24ème édition de la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique qui se tiendra au Bénin sera la toute première édition d’Icasa+. A l’en croire, au cours de cette édition historique, les participants doivent accorder une attention particulière à la médecine traditionnelle africaine et aux savoirs traditionnels en matière de santé. « Elle doit être une plateforme de dialogue, d’innovation, de partage d’expériences et de connaissances, et surtout de développement de solutions africaines aux défis sanitaires de l’Afrique. Elle doit être un espace où les connaissances se transforment en actions, où l’expertise africaine est valorisée et où les partenariats se traduisent en solutions concrètes au bénéfice de nos communautés », a déclaré le président d’Icasa.
Un engagement national fort pour l’organisation
Le Bénin s’est engagé à mobiliser d’importants moyens pour l’organisation de la conférence. Ce budget couvre notamment l’installation d’un chapiteau de 7 000 places à la place de l’Amazone, sept salles annexes réparties entre le Golden Tulip, le Novotel et le Palais des congrès, la prise en charge de 500 délégués béninois et la mise à disposition de 100 bus pour les navettes gratuites entre l’aéroport, les hôtels et le site de la conférence.
Plus de 10 000 participants attendus au Bénin en 2027
Icasa est le plus grand rendez-vous africain de lutte contre le Vih/Sida et les Ist. Organisée tous les deux ans par la Saa, la conférence rassemble les chefs d’État, les ministres de la Santé, les chercheurs,les acteurs communautaires et les partenaires techniques et financiers venus de tout le continent. Plus de 10 000 participants sont attendus à Cotonou en décembre 2027. Le Bénin peut, par ailleurs, se prévaloir de résultats sanitaires proches des cibles « 95-95-95 » fixées par l’Onusida : en 2025, 89 % des personnes vivant avec le Vih connaissent leur statut sérologique, 99 % d’entre elles sont sous traitement et 92 % des personnes traitées sont en suppression virale.
Patrice Zoundé (Coll)


















