Face aux besoins croissants de financement de la conservation de la biodiversité, le Fonds fiduciaire régional pour la conservation (Fsoa) s’impose comme un instrument financier régional destiné à garantir des ressources durables, prévisibles et régulières au complexe W-Arly-Pendjari. Créée en 2012, elle mobilise et fait fructifier des capitaux pour soutenir la protection des aires protégées tout en accompagnant les communautés riveraines.
La préservation du patrimoine naturel ouest-africain exige des moyens financiers à la hauteur des enjeux. C’est dans cette perspective qu’a été créé, le 4 octobre 2012, le Fonds fiduciaire régional pour la conservation (Fsoa). L’ambition dudit Fonds et d’assurer, sur le long terme, le financement durable de la conservation de la biodiversité et du développement socio-économique dans la Réserve de biosphère transfrontalière W-Arly-Pendjari (Rbt-Wap), partagée entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. Le mécanisme répond à une difficulté récurrente des Etats qui n’est autre que l’insuffisance des ressources budgétaires consacrées à la conservation. La Fsoa mobilise ainsi des financements, les sécurise et les investit afin de générer des revenus destinés à soutenir durablement les actions de conservation. « Le Fonds fiduciaire régional pour la conservation apporte une réponse permanente, prévisible et régulière pour qu’à travers ses investissements sur les marchés financiers, les revenus financiers générés puissent être utilisés pour accompagner les parcs à travers la prise en charge des coûts récurrents. », explique Alfred Koffi Allogninouwa, Directeur exécutif de la Fsoa.
Un financement pérenne pour protéger les aires protégées
Les résultats enregistrés illustrent la pertinence de ce dispositif. La Fsoa dispose aujourd’hui d’un capital de 55 milliards de FCfa, représentant 70 % de sa cible de 79 milliards de FCfa à l’horizon 2030. Sa gestion affiche un rendement annuel de 7,9%, soit 2,9 points au-dessus du rendement attendu par sa politique d’investissement. De 2016 à 2026, elle a consacré 11,05 milliards de FCfa au financement de la conservation. L’intervention du Fonds couvre notamment la protection des aires protégées, le suivi des écosystèmes, la gestion durable des territoires et la réhabilitation des infrastructures indispensables à la surveillance. Quatre guichets de financement sont désormais opérationnels au Bénin, au Burkina Faso, au Niger et au niveau régional. Dans le Parc national de la Pendjari et le Parc national du W-Bénin, les subventions annuelles de la Fsoa ont notamment permis le recrutement, la formation et le déploiement de 500 rangers pour les patrouilles pédestres. Plus de deux milliards de FCfa ont également été mobilisés pour le programme prioritaire d’intervention ayant contribué à la délégation de gestion inclusive du Parc national du W à African Parks, avec le maintien du personnel existant.
Les communautés, un enjeu prioritaire
Au-delà de la seule protection de la faune et des écosystèmes, la Fsoa entend inscrire la conservation dans une logique de développement local. Ses financements soutiennent des initiatives destinées à offrir aux populations riveraines des moyens de subsistance alternatifs et à renforcer leur implication dans la préservation des ressources naturelles. Cette orientation constitue désormais l’un des principaux défis du Fonds. « Nous avons deux défis majeurs. Le premier, c’est le renforcement du capital. Le deuxième défi qui apparaît pour nous comme un défi prioritaire, c’est la question du financement des communautés », souligne Servais Adjovi, Président du Conseil d’administration de la Fsoa. Les actions menées avec l’appui de partenaires locaux et internationaux visent notamment la sensibilisation de plus de 30 000 personnes issues des communautés périphériques des parcs, la formation de plus de 2 000 bénéficiaires et la restauration de milliers d’hectares dégradés. La Fsoa s’appuie, pour la réalisation de sa mission, sur une coopération internationale solide, avec notamment l’accompagnement de la Banque mondiale ainsi que des coopérations allemande et française. Ensemble, Etats, partenaires, gestionnaires des parcs et communautés contribuent à maintenir l’équilibre entre conservation de la biodiversité et développement durable. Avec plus de 30 000 km², le complexe W-Arly-Pendjari constitue l’un des plus importants ensembles naturels transfrontaliers d’Afrique de l’Ouest et bénéficie d’une reconnaissance de l’Unesco. Sa préservation apparaît dès lors comme un enjeu majeur pour la biodiversité, mais aussi pour la résilience des populations. À travers son modèle de financement, la Fsoa entend ainsi préserver aujourd’hui ce patrimoine naturel pour les générations futures.
Gabin Goubiyi

















