La deuxième édition des Journées vétérinaires du Bénin s’est ouverte, jeudi 24 septembre 2026 à Cotonou, avec une forte mobilisation des acteurs du monde agricole et vétérinaire. Placées sous le thème « Innover en santé et en production animale pour renforcer la cohésion sociale et la résilience de nos communautés », ces assises ambitionnent de faire de l’innovation un levier de transformation durable de l’élevage béninois.
Dans son allocution, le président de l’Ordre national des médecins vétérinaires du Bénin (Onmvb), Christian Dovonou, a insisté sur la portée économique et sociale de l’élevage. « L’élevage est un facteur de sécurité alimentaire, un créateur d’emplois, une source de revenus pour des milliers de familles et un puissant levier de stabilité sociale », a-t-il souligné. Pour lui, le secteur doit désormais être davantage considéré comme un pilier de la modernisation agricole et de la souveraineté alimentaire. Le président de l’Onmvb a également mis en lumière le rôle que peut jouer un élevage mieux structuré dans la prévention des tensions entre agriculteurs et éleveurs. Revenant sur son expérience personnelle, il a rappelé que les déplacements des troupeaux transhumants étaient autrefois source de conflits parfois dramatiques. « L’élevage, lorsqu’il est bien structuré, peut devenir un puissant facteur de paix », a-t-il affirmé, plaidant pour une meilleure organisation et un encadrement adapté. Face aux changements climatiques, aux maladies émergentes, à l’insécurité dans les zones pastorales et aux exigences de sécurité sanitaire des aliments, Christian Dovonou estime que « l’innovation n’est plus un choix. Elle devient une nécessité ». Celle-ci doit, selon lui, aller au-delà des technologies et des nouvelles génétiques pour englober l’amélioration des pratiques, le partage des connaissances et la mise de la science au service du développement.
La santé animale au cœur de la souveraineté protéique
Pour sa part, le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a réaffirmé l’ambition du gouvernement d’accompagner la transformation du secteur. A l’en croire, l’objectif du gouvernement à l’horizon 2033 est de bâtir « un élevage moderne, un élevage productif, résilient et avancé résolument vers la souveraineté protéique ». Cette ambition, dira-t-il passe nécessairement par la santé animale. « Il n’y a pas de souveraineté protéique sans santé animale », a-t-il déclaré, avant de souligner qu’« il n’y a pas d’élevage performant sans service vétérinaire performant». Prévention, vaccination, surveillance épidémiologique, biosécurité et accompagnement des éleveurs placent ainsi les vétérinaires au centre de la transformation du secteur. Le ministre a par ailleurs appelé les participants à faire de ces Journées vétérinaires un cadre de propositions concrètes. Il attend notamment des recommandations pouvant nourrir les futurs programmes d’investissement par filière, sur les questions de gouvernance, de production, de transformation, d’industrie et de marché. « J’attends vraiment de cette journée des recommandations concrètes », a-t-il insisté. Au terme des travaux, l’ambition affichée est de traduire les échanges en décisions et les décisions en actions, afin de faire de l’élevage une force de « prospérité, de solidarité et de résilience » pour le Bénin.
Gabin Goubiyi

















