Depuis quelques jours, il s’observe au niveau des stations-service, des files de voitures et de motos en quête de carburant. Certaines stations-services sont quasiment non fonctionnelles depuis quelques jours. La situation alimente la politique et fait dire à certains citoyens que l’essence et le gasoil ne sont plus disponibles dans le circuit formel. Faux, a rétorqué le ministère du commerce intérieur en charge de la formalisation de l’économie dont le directeur de cabinet, Laurent Akpo a apporté des clarifications dans le journal télévisé de Bénin Tv. Ci-dessous, l’intégralité de ses propos.
Journaliste : Pourquoi cette pénurie de carburant à Cotonou ?
Laurent Akpo : Je voudrais insister, il n’y a pas de pénurie de carburant à Cotonou. Il y a que les stations-service qui font face en ce moment à une demande inhabituelle. Nous consommons en moyenne 2500000 litres de carburant par jour. Sur ces 2500000 litres, il y a environ 270000 qui sont tenus vers les secteurs informels, vers les stations-service. Plus de 2 millions sont distribués dans les secteurs informels. Aujourd’hui, du fait de la crise, certainement, il y a des difficultés d’approvisionnement au niveau de l’informel, parce que l’État a fait des réformes et a pris des dispositions pour garantir l’approvisionnement sur une année. Donc sur un an, par rapport à la consommation formelle, nous n’avons pas de problème. Il se fait que, justement, du fait de cette difficulté dans l’informel, cette consommation se rue désormais vers les stations-service, qui n’étaient pas habituées à cette demande. Donc elles cherchent les capacités aujourd’hui pour pouvoir s’adapter et répondre. C’est cette réponse, certainement, qui est tardive. Sinon, au niveau du dépôt pétrolier du Bénin, nous avons du carburant et nous avons un stock de sécurité.
Et quelles mesures prenez-vous pour rétablir un peu la situation ?
Cette situation crée deux dégâts. La demande informelle, qui influence fortement le secteur pétrolier. Le premier dégât que vous ne percevez pas, qui justement le surcoût que supporte aujourd’hui le gouvernement par rapport à l’approvisionnement pour répondre à cette demande complémentaire, qui a triplé. On passe de 270000 à plus de 600000 par jour. Vous comprenez que, justement, il faut prendre des dispositions pour continuer à garantir l’approvisionnement sur une demande qui n’était pas anticipée, la demande informelle. Et cette demande a un surcoût que l’État prend en charge aujourd’hui pour garantir l’approvisionnement. Le deuxième dégât, qui est ce que vous observez au niveau des stations-services, qui est supporté aujourd’hui par les consommateurs, qui constatent justement qu’il y a des problèmes. Mais les problèmes qu’il y a ne sont pas des problèmes de pénurie. C’est que les stations-services avaient un dispositif, une logistique qui n’était pas habituée justement à une consommation journalière de ce niveau. Et aujourd’hui, elles essaient de mobiliser les moyens. La rotation pour l’approvisionnement prend certainement du temps au niveau des stations-services. Il y a des stations-services qui ne tournaient quasiment pas du fait de l’informel. Et aujourd’hui, il faut certainement recruter du personnel, il faut réactiver ces stations-là. Ces réponses prennent certainement du temps. Je considère que d’ici les jours à venir, la situation va se normaliser.
Est-ce que nous pourrions avoir une date ? Quand est-ce que le carburant sera disponible normalement pour les usagers ?
Le carburant est disponible normalement. Je vous l’ai dit, vous allez au dépôt pétrolier du Bénin, il y a du carburant. Nous travaillons et il y a eu une réunion ce matin (ndlr 30 septembre 2026) avec les stations-services pour leur demander de mobiliser davantage de moyens logistiques pour accélérer l’approvisionnement de leurs stations. Je pense que des engagements ont été pris, et que d’ici les jours à venir, la situation va certainement se normaliser.
Est-ce que le prix de 725 Francs Cfa va rester inchangé ?
J’ai envie de vous dire oui, quand je m’en tiens au fait que le président de la République, dans son ancienne fonction de ministre des Finances, est maintenant encore plus très allergique à l’augmentation du prix des produits pétroliers au niveau de la pompe. Mais je vous ai dit, nous supportons un surcoût énorme en ce moment. À un moment donné, ça pourrait être intenable. Je n’annonce pas qu’il y aura probablement une augmentation du prix, mais je vous exprime les dégâts que crée l’influence du secteur informel dans le secteur pétrolier. Ce qui appelle et vous l’aurez compris, qu’il faut aller impérativement à la formalisation de l’économie pour adresser tous les secteurs informels. Ça permet à l’État d’avoir de la lisibilité, de la visibilité pour anticiper sur les chocs exogènes, renforcer notre capacité de résilience. Les gens à tort, quand on parle de formalisation, pensent que c’est à but fiscal. Mais non, ça permet à l’État de connaître la situation de chaque Béninois et prendre des dispositions pour mettre en place des mesures d’accompagnement pour améliorer le quotidien des concitoyens.
Donc, en résumé, il n’y a pas de pénurie de carburant et dans quelques jours, la situation sera réglée ?
Je suis formel, il n’y a pas de pénurie de carburant. Nous travaillons avec les stations-service pour qu’il y ait de la célérité dans le rythme d’approvisionnement de l’installation des stations-service.
Merci d’avoir accepté notre invitation et d’avoir répondu à nos questions.
C’est moi qui vous remercie.
Source : Bénin Tv




















