La 15ème édition de la Journée internationale de la fille a été célébrée mardi 6 octobre 2026 au Bénin. La cérémonie a réuni la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de la mobilisation des ressources, Hugues Oscar Lokossou, ainsi que des partenaires.
Au Bénin, la protection des filles, leur maintien à l’école, leur autonomisation et leur accès aux services sociaux constituent une priorité commune et nécessitent une action concertée des différents acteurs en charge de la protection des filles. En effet, face à la persistance du mariage des enfants, les acteurs appellent à une mobilisation plus forte et durable en vue de donner aux filles les moyens de grandir et de participer pleinement au développement du pays. C’est l’ambition réaffirmée lors de la célébration de la Journée internationale de la fille au cours de laquelle les différentes interventions ont convergé vers un renforcement des mécanismes de protection et l’accroissement des investissements. Dans son intervention, le représentant de l’Unicef au Bénin, Ousmane Niang a rappelé que l’expérience des Nations Unies au Bénin confirme que le progrès durable nécessite une approche coordonnée, multisectorielle, sur les filles, associant les politiques, les services de proximité, les communautés et les familles. A l’en croire, des investissements ciblés, intégrés, fondés sur les données et pérennes peuvent produire une différence majeure dans la vie des filles et de leur communauté. « Nous nous engageons à contribuer à la mise en œuvre du programme national et des autres programmes que le gouvernement a mis en place dans les différents ministères et à renforcer nos efforts de mobilisation des ressources», a indiqué le représentant de l’Unicef au Bénin.
Vers tolerance zero pour le mariage forcé au Bénin
Le mariage des enfants demeure l’un des principaux obstacles à l’épanouissement des filles. Les données de l’Observatoire de la famille et de l’action sociale font état de 336 cas enregistrés entre janvier 2025 et juin 2026, dont 223 en 2025 et 113 au premier semestre 2026. Pour lutter contre cette pratique, le Bénin dispose depuis quelques mois d’un Programme national de lutte contre le mariage des enfants. L’objectif affiché est de réduire à 15 % d’ici 2029 le taux de filles mariées avant l’âge de 18 ans. Selon Hugues Oscar Lokossou, il est bien possible de ramener le taux à 0%. Pour ce faire, trois engagements ont été pris par l’autorité ministérielle dont la sécurisation des ressources nationales, l’approfondissement du dialogue avec les partenaires techniques et financiers et une meilleure orientation des différents instruments de financement vers les programmes à impact social. Au dire de Véronique Tognifodé, ministre de la Famille et de l’action sociale, le Programme national de lutte contre le mariage des enfants, doit demeurer un cadre fédérateur des efforts afin que chaque fille béninoise puisse demain grandir, apprendre, choisir, entreprendre et contribuer pleinement au développement de la nation. « Chères filles, je voudrais vous rassurer que votre protection est une priorité pour l’État et ses partenaires pour investir dans vos droits et soutenir votre leadership pour vous aider à éclore votre potentiel et tous vos talents. A vous aussi d’exceller dans votre travail, de développer toutes les valeurs cardinales nécessaires à faire de vous des individus complets pour la société demain», a lancé la ministre. Le message est ainsi clair, la mobilisation devra désormais se traduire par des financements durables, des actions coordonnées et une mise en œuvre effective des politiques.
Mohamed Yasser
Amoussa (Coll)
















