(L’humanisation de la justice pénale au cœur des priorités de l’année judiciaire 2026-2027)
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a effectué sa rentrée judiciaire 2026-2027 le lundi 12 octobre 2026, à son siège à Cotonou. Présidée par Cyriaque Dossa, président de la juridiction spéciale, l’audience solennelle s’est déroulée en présence de la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata, du procureur spécial près la Criet, Mario Mètonou, et du bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, Me Zakari Baba Body. Cette rentrée a été placée sous le thème : « Humaniser la justice pénale : entre protection des droits fondamentaux et efficacité répressive ».
Concilier la protection des droits fondamentaux et l’efficacité de la répression pénale. C’est le défi au cœur de la nouvelle année judiciaire de la Criet. À travers cette thématique, les acteurs judiciaires entendent réfléchir aux moyens de garantir une justice rigoureuse et efficace, tout en préservant la dignité et les droits des justiciables. Pour le président de la Criet, Cyriaque Dossa, cette rentrée judiciaire dépasse le cadre d’un simple rituel institutionnel. Elle constitue une affirmation de la continuité de l’État de droit et de la force morale de la justice. « Que cette rentrée soit placée sous le sceau de la dignité, de la transparence et de l’efficacité, afin que la justice pénale, dans son humanité et sa fermeté, continue de protéger les droits fondamentaux, tout en réprimant avec rigueur les atteintes à la probité et à la sécurité nationale », a-t-il déclaré. Évoquant le thème retenu pour cette année judiciaire, le président de la Criet a souligné la pertinence de cette réflexion, huit ans après la création de la juridiction spéciale. Selon lui, l’enjeu n’est pas de privilégier les droits fondamentaux au détriment de l’efficacité répressive, ou inversement, mais de parvenir à concilier ces deux exigences.
Un nombre croissant de plaintes
Dans ses réquisitions, le procureur spécial près la Criet, Mario Mètonou, a mis en avant la progression du nombre de plaintes portées directement devant la Criet par les victimes qui saisissent directement la juridiction. Il a indiqué que la Criet a enregistré 3 849 plaintes et procès-verbaux au cours de l’année judiciaire 2025-2026, contre 30 67 plaintes et procès-verbaux pour l’année 2024-2025, soit une augmentation de 25,50 %. Le procureur spécial près la Criet a également insisté sur les défis auxquels le Bénin est confronté, notamment la corruption, la cybercriminalité et le terrorisme. Il a présenté la Criet, créée en 2018, comme un instrument de lutte contre l’impunité et de protection des intérêts de la République. Pour cette nouvelle année judiciaire, Mario Mètonou a annoncé une répression ferme des infractions économiques, des actes liés au terrorisme et des atteintes aux personnes, notamment les violences sexuelles commises contre les enfants. Il a néanmoins souligné que cette fermeté devait s’accompagner du respect des droits fondamentaux et des garanties procédurales. Le procureur spécial a ainsi affirmé la volonté de son institution de lutter contre les infractions tout en veillant au respect de la condition humaine.
Patrice Zoundé (Coll)


















