La douzième édition du Sommet des think tanks d’Afrique s’est ouverte à Cotonou autour des enjeux de l’accès à l’énergie et de la transformation économique du continent. Pendant deux jours, responsables publics, chercheurs, dirigeants de think tanks et acteurs du secteur privé de plus de 50 pays sont appelés à formuler des recommandations concrètes pour un secteur électrique performant, durable et financièrement viable.
Faire de l’énergie un véritable levier de croissance, de création d’emplois et de développement industriel. C’est l’ambition de la douzième édition du Sommet des think tanks d’Afrique, ouverte à Cotonou en présence du ministre béninois de l’Économie et des finances chargé de la Coopération, Aristide Médenou, du maire de Cotonou, Luc Gnacadja, et du secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (Acbf), Mamadou Biteye. Placée sous le thème « De l’accès à l’énergie à la transformation économique : orientations stratégiques concrètes pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité », cette rencontre entend dépasser la seule question du raccordement des populations au réseau électrique. Elle ambitionne d’explorer les moyens de garantir une énergie fiable, accessible et abordable, capable de soutenir durablement les économies africaines. Pour Mamadou Biteye, le défi du continent ne se résume plus au nombre de personnes raccordées à l’électricité. Il s’agit surtout de déterminer ce que les populations peuvent réellement accomplir grâce à cette énergie. Il a rappelé qu’environ 600 millions d’Africains restent privés d’électricité, soulignant également les difficultés liées à la qualité de l’approvisionnement et au coût de l’énergie pour les entreprises. Le responsable de l’Acbf a ainsi plaidé pour des réformes structurelles, un renforcement des capacités institutionnelles et une volonté politique soutenue. Il a invité les think tanks à aller au-delà de leur rôle traditionnel de conseil pour contribuer davantage à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques.
Des solutions adaptées aux réalités africaines
Dans son mot de bienvenue, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a insisté sur les répercussions concrètes de l’accès à l’énergie sur les activités économiques. Des ateliers artisanaux aux entreprises de transformation agroalimentaire, les perturbations électriques affectent la production, l’emploi et la création de valeur. Pour lui, les collectivités territoriales doivent prendre toute leur place dans la réflexion sur les politiques énergétiques, afin de mieux articuler les infrastructures aux besoins des populations et des acteurs économiques. Au Bénin, le ministre Aristide Médenou a relevé les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, avec un taux de desserte non négligeable. Il a toutefois souligné la nécessité d’accélérer les efforts pour rendre l’énergie disponible à moindre coût, sans compromettre l’équilibre des finances publiques ni alourdir les risques liés à l’endettement. Les travaux prévoient notamment une table ronde de haut niveau sur le leadership politique et les réformes du secteur électrique en Afrique, ainsi que des sessions thématiques destinées à approfondir les pistes d’action. À l’issue du sommet, l’adoption de l’Agenda d’action de Cotonou est attendue. L’enjeu est de faire émerger trois à cinq recommandations concrètes susceptibles de mobiliser les gouvernements, les partenaires et le secteur privé. Pour les participants, le succès de cette rencontre se mesurera moins à la richesse des échanges qu’aux changements qu’ils permettront d’impulser dans le quotidien des populations africaines.
Gabin Goubiyi

















