Réunis hier jeudi 29 octobre 2026 à Cotonou, les acteurs de la décentralisation et les partenaires techniques et financiers ont planché sur l’amélioration de la consommation des fonds alloués aux communes, plombée par des lourdeurs administratives.
Le taux de consommation des crédits budgétaires alloués aux collectivités locales demeure un frein persistant au développement territorial au Bénin. Pour inverser cette tendance, un atelier national s’est ouvert à Cotonou, centré sur l’exploitation des recommandations d’une étude menée en 2025. Directeur général du Fonds d’investissement communal, Réginal Koumagbéafidé a posé les jalons des discussions. « Disposer de ressources constitue une première étape, mais encore faut-il que les communes soient en mesure de les engager, de les liquider et de les ordonnancer dans les délais impartis », a souligné le responsable, rappelant que les transferts financiers doivent se traduire par des infrastructures tangibles. Les difficultés d’exécution frappent avec acuité les collectivités territoriales du nord du pays, confrontées à des vulnérabilités sécuritaires et climatiques. Cheffe de file des partenaires techniques et financiers, Gabriella Spirli a pointé du doigt la complexité des règles de passation des marchés publics. « La mise en place, à titre expérimental, d’un mécanisme d’urgence de passation des marchés publics au niveau communal permettrait d’accélérer l’exécution des investissements prioritaires », a suggéré la représentante de la coopération suisse, insistant sur la préservation des acquis du dispositif précédent et de la maîtrise d’ouvrage locale. Abondant dans le même sens, Joël Neubert a mis en lumière les spécificités des vingt-sept (27) communes septentrionales. Chef de la coopération à la Délégation de l’Union européenne, il a insisté sur la nécessité d’un impact réel des investissements. « L’essentiel est que les ressources produisent des changements mesurables dans la vie des populations, à travers des services publics plus accessibles et des activités économiques plus dynamiques », a-t-il affirmé, appelant à une synergie accrue pour répondre aux attentes de la jeunesse et des femmes.
Nécessité de concrétisation des actions
La nécessité de transformer les diagnostics en actions concrètes a également mobilisé la diplomatie allemande. Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne près le Bénin, Stefan Buchwald a exhorté les participants à dépasser les constats théoriques. « La réussite de l’atelier dépendra de la capacité des participants à traduire les conclusions des travaux en décisions et en actions mesurables au bénéfice des populations », a martelé le diplomate, rappelant que chaque financement représente des écoles ou des centres de santé attendus sur le terrain. Représentant le gouvernement du Bénin, Victorin Honvoh a pris acte des milliards de francs Cfa non consommés révélés par l’étude de 2025. Directeur de cabinet du ministre du Budget et de la Fonction publique, il a qualifié cette situation de responsabilité partagée. « L’administration locale doit renforcer ses effectifs, améliorer ses compétences et poursuivre la dématérialisation des procédures pour fluidifier l’exécution budgétaire », a-t-il conclu. Par ailleurs, il engage les parties prenantes à formuler des plans d’action rigoureux pour transformer les crédits disponibles en réalisations durables.
Karol B. Sékou (Coll)

















