Hirondelle club est l’une des associations qui travaillent au Bénin et à l’international contre la discrimination à l’égard des hommes et des femmes homosexuels. Mardi 17 mai 2022, il a, comme à son habitude, marqué d’une pierre blanche la Journée internationale de lutte contre la transphobie et l’homophobie. A Cotonou, l’organisation a organisé un déjeuner de presse avec pour thème : « Nos corps, nos vies, nos droits ». C’était en présence de plusieurs membres de la communauté Lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer, intersexe et asexuelle (Lgbtqia) et de représentants des partenaires du club dont l’Abms et l’Ambassade des Pays-Bas.
Les homosexuels ont aussi des droits et méritent protection. Convaincu de cette réalité, Hirondelle club Bénin, l’une des organisations engagées dans la défense des droits des minorités sexuelles travaille depuis des années pour un pays débarrassé de toutes sortes de discrimination. Hier, mardi 17 mai 2022, l’association a célébré la Journée mondiale de lutte contre la transphobie et l’homophobie. Elle a organisé un déjeuner de presse au cours duquel des exposés ont été faits sur l’organisation, la genèse de la Journée du 17 mai, l’état des lieux et les avancées juridiques puis l’attention à avoir au profit des personnes Lgbtqia qui sont aussi des êtres humains. S’agissant de la Journée du 17 mai, Aristide Dossou, étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi et membre de Hirondelle club Bénin, a d’abord fait une clarification conceptuelle du sigle Lgbtqia, de l’homophobie et de la transphobie. Il a par la suite passé en revue le traitement subi par les minorités sexuelles avant 1990 au monde, année au cours de laquelle, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a déclaré l’homosexualité comme n’étant pas une maladie. « L’homosexualité était considérée comme une maladie. Certains scientifiques faisaient son apologie. Quand on entend parler d’un homosexuel, on disait d’office qu’il s’agit d’un malade qu’il faut soigner. Pour cela, les homosexuels étaient victimes de traitements discriminatoires, d’agressions physiques ou morales », a déclaré Aristide Dossou. L’heure de la désillusion a sonné quand l’Oms et des chercheurs ont démontré que l’orientation sexuelle d’une personne ne peut être assimilée à une maladie. « Contre toute attente et grâce aux chercheurs qui ont pu démontrer que l’orientation sexuelle d’une personne ne peut être assimilée à une maladie, le 17 mai 1990, l’homosexualité a été retirée de l’annuaire des maladies », a confié le communicateur.
A la question de savoir pourquoi le 17 mai de chaque année est consacré à l’homophobie et à la transphobie, Aristide Dossou dira que c’est une « date choisie symboliquement pour commémorer la décision de l’Oms ». « C’est une journée en souvenir du 17 mai 1990. Elle sert à organiser des manifestations de nature à corriger les mauvaises perceptions que les gens ont et continuent d’avoir sur l’homosexualité », a-t-il ajouté. Plusieurs autres activités ont meublé le déjeuner de presse rehaussé par la présence de l’ambassadrice des Pays-Bas au Bénin, To Tjoelker-Kleve, les représentants de la Délégation de l’Ue, de la mairie de Cotonou, l’Association béninoise pour le marketing social et la communication pour la santé (Abms) et de plusieurs autres structures partenaires. Au nombre de celles-ci : la projection de vidéos et le témoignage poignant de quelques jeunes Lgbtqi victimes de violation, d’une mère et le débat sur la situation des minorités sexuelles au Bénin. Les partenaires ont tous réitéré leur disponibilité à œuvrer à la garantie des droits des homosexuels. Quant au président de Hirondelle club, il a promis de poursuivre la sensibilisation afin que les minorités sexuelles cessent d’être la risée d’une frange de la population.
Serge Adanlao

















