Le temps et le procès sont en débat à l’occasion d’un Colloque organisé le mercredi 30 novembre 2022 par le Doyen de la Faculté de droit et de sciences politiques (Fadesp), Léon Jossè. L’objectif de cette rencontre scientifique est de proposer des solutions au pouvoir en place afin que le délai raisonnable soit dans sa plénitude une effectivité.
« Le colloque que nous tenons aujourd’hui porte sur le temps et le procès. Le temps que dure un procès est de plus en plus décrié par les justiciables. Il est important que les justiciables comprennent le temps que prennent les enquêtes préliminaires, l’instruction préparatoire, la mise en état avant d’être programmé pour aboutir au jugement », a laissé entendre le Doyen, Léon Jossè. A le suivre, il n’est pas surprenant de voir des dossiers pendants devant les juridictions plus d’une décennie. Pendant ce temps, les justiciables, très attentistes d’une décision se découragent et perdent confiance.
Le colloque tenu le mercredi 30 novembre 2022 à l’Université d’Abomey-Calavi vise à réfléchir sur le cadre légal du procès, le cadre légal du renvoi et globalement du délai raisonnable. Ainsi, il est un terrain d’échanges pour les professeurs de droit et praticiens de droit notamment les magistrats, les avocats, les notaires, d’examiner le cadre légal et de faire des recommandations pour l’amélioration du délai raisonnable.
Pour Léon Jossè, bien que le juge soit enfermé dans un cadre légal, le ratio dossier juge rallonge aussi le procès. Il est inadmissible dit-il qu’un juge ait plus de 600 dossiers. Comment pourra-t-il rédiger sa décision ? A en croire Victor Adigbli, avocat au Barreau de Cotonou, intervenant sur le temps d’un procès civil et pénal en première instance, lorsqu’un procès dure un an, deux ans voire plusieurs années alors qu’il devrait prendre quelques semaines, un problème se pose. Et il mérite d’être scruté sur tous les angles pour attirer l’attention du législateur et des pouvoirs publics sur la nécessité de former les gens pour qu’ils soient suffisamment outillés pour rendre des décisions dans les délais raisonnables pour que les justiciables soient fiers et satisfaits. Selon Rosemonde Houngnihin, Docteur en Histoire du droit, qui a présenté une communication sur ‘’le temps et le procès en droit traditionnel africain’’, des solutions existent pour respecter le délai raisonnable. Pour elle, le droit traditionnel africain est caractérisé par la célérité du jugement parce que, lorsqu’il y a une infraction, l’ordre social est bouleversé. Ici, l’urgence c’est le rétablissement sans délai de l’ordre social. C’est pourquoi, dans la réforme du statut de la chefferie traditionnelle, le législateur peut organiser une sorte de tribunal pénal, en confiant certaines infractions comme les vols de poulets et de moutons. « Ceci permettrait de désengorger un peu les tribunaux et d’aller vite », a-t-elle dit.
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