Le président du comité national des rites Vodun au Bénin a accordé un entretien au quotidien Le Matinal dans la soirée du mercredi 10 janvier 2024. Mahougnon Kakpo s’est exprimé sur la polémique relative aux nombreuses images montrant des parties sensibles des femmes brésiliennes lors de la célébration des Vodun days à Ouidah et qui enflamme les réseaux sociaux.
Le Matinal : Que pensez-vous de la polémique liée aux images de nudité publique des dames brésiliennes lors des Vodun days ?
Mahougnon Kakpo : La question de nudité par rapport aux Brésiliennes, je ne sais pas pourquoi certains se sentent choqués. Ces dames Brésiliennes sont dans un carnaval. Et c’est à croire que les gens ne savent pas ce que signifie un carnaval. Un carnaval n’est pas un festival. Un carnaval, c’est une manifestation culturelle au cours de laquelle on fait le contraire de ce que l’on a l’habitude de faire. Et donc, le carnaval peut être masqué comme il peut ne pas être masqué : le carnaval peut être à visage découvert et l’on fait ce que l’on n’a pas l’habitude de faire. C’est cela ce qu’on appelle un carnaval et c’est pour cela que j’avais refusé que les festivités de « Vodun days » ne soient pas appelées carnaval. Donc, cette question n’est pas un problème. D’ailleurs, un carnaval, c’est dans les habitudes des Brésiliens. Et puis, dites-moi, le Vodun ne fait pas ça vous croyez ? Ne voyez-vous pas dans le Vodun des dames aux seins nus ? Ne voyez-vous pas parfois les fidèles vodun s’habiller en ne mettant que le cache-sexe ? Par ailleurs, lorsque vous regardez dans les préceptes du Vodun « Dan » par exemple, les fidèles imitent l’acte sexuel soit avec la terre, soit avec l’arbre ou avec un autre fidèle. Alors, pourquoi cela choque les gens ? En un mot, il faut comprendre quelque chose : les « Vodun Days » que le gouvernement a initiés sont axés sur trois (03) éléments que sont les arts, la culture et la spiritualité Vodun. D’un, c’est les Voduns qui se manifestent sur les places. En plus, il y a la grande cérémonie Vodun qui a eu lieu ces jours. Mais, à côté de ça, il y a l’amusement, le concert et nous avons eu des artistes nationaux et internationaux de tous bords. Alors, pourquoi les gens pensent que c’est une manière de désacraliser nos divinités ? Est-ce que c’est devant une divinité que ces dames se sont rendues nues ? Mais, non. C’est plutôt au cours d’un carnaval, pas au cours d’un festival. Voyons le rite vodun qu’on appelle « Awilé » avec lequel on expose ces formes physiques pour expier le mauvais sort. C’est un carnaval, et il faut que les gens comprennent cela.
Des investigations nous ont permis de retenir que le signe de la géomancie « Sa Aklan » obtenu lors de la consultation du « Tô Fà 2024 » ne promettrait pas une année faste et apaisée. Est-ce une vérité ou une absurdité ? Que devons-nous retenir finalement ?
Ce que, sommairement, je dois dire au peuple béninois sur le signe de la géomancie « Sa-Aklan» révélé au grand public au cours de la consultation de l’art divinatoire est qu’il promet bonheur, opportunités et bien d’autres positivités. Cependant, j’entends organiser dans les prochains jours une séance d’explication avec la plupart des « Bokônon » du pays pour une consultation approfondie et détaillée afin d’orienter à nouveau chaque citoyen. Et au terme de cette consultation, il y aura un rapport général qui sera produit et remis à l’autorité.
Comment appréciez-vous, l’édition 2024 de la fête du Vodun ?
La célébration de l’édition 2024 de la religion vodun est une réussite. C’est un mouvement qui place le Vodun au sommet dans le cadre de la reconstruction du péjoratif que le colonisateur avait jeté sur cette religion-là. Les perspectives sont bonnes. C’est tout ce qu’il faut retenir.
Propos recueillis par Martial Agoli-Agbo
Br Ouémé-Plateau



















