Le torchon brûle entre la présidente du Conseil communal de Kandi, Zinatou Saka Osséni Alazi et des conseillers. 18 parmi ces derniers demandent la convocation d’une session de vote de défiance. La Raison avancée : l’installation d’une autre dynamique de gouvernance à la tête de la Commune. Dans l’interview exclusive ci-dessous publiée, le chef du 3ème arrondissement de Kandi, Moustapha Imorou, membre du Collectif des conseillers dissidents, revient sur les raisons de la fronde. Il lève le voile sur les démarches infructueuses menées pour attirer l’attention de la première autorité politico-administrative sur ses dérives. Pour l’aboutissement du projet, il dit compter sur le préfet de l’Alibori pour veiller à l’application des textes. Lire l’interview.
Le Matinal : Pourquoi un vote de défiance à l’encontre de la présidente du Conseil communal de Kandi ?
Moustapha Imorou : Un vote de défiance contre Madame le maire parce que nous voulons installer une autre dynamique de gouvernance à la Commune de Kandi. Voyez-vous les opportunités qu’offrent le gouvernement de son excellence Monsieur Patrice Talon aujourd’hui aux Communes et les partenaires au développement ? Kandi ne saurait rester en marge de ces opportunités. C’est la raison pour laquelle nous voulons placer une autre forme de gouvernance pour profiter de ces avantages au grand bonheur de la population de Kandi.
Avez-vous mené des démarches à l’endroit du maire pour attirer son attention sur les griefs contre elle et essayer de la ramener sur le droit chemin ?
Monsieur le journaliste, à plusieurs reprises nous n’avons cessé d’attirer l’attention de Madame le maire sur son mode de gouvernance et ce, bien avant même la réforme structurelle du secteur de la décentralisation et l’avènement du Code de l’administration territoriale; mais figurez-vous Monsieur le journaliste, Madame le maire n’a jamais pris en compte nos suggestions. Pis, à l’avènement de la réforme qui a institué le poste de secrétaire exécutif (Se), nous avons constaté une incapacité de l’autorité communale à s’adapter à la réforme malgré les multiples ateliers de formation de renforcement de capacités. Cet état de choses a mis à mal le bon fonctionnement et la gestion des ressources au niveau de l’administration communale. Il y a aussi des cas de malversations avérées et une opacité totale dans tout ce qui se fait. Elle ne nous informe pratiquement de rien. Et quand on se rapproche d’elle pour en savoir davantage, elle nous dit que ce sont les réformes.
La secrétaire exécutive (Se) n’a aucune part de responsabilité dans les récriminations ?
Dans cette affaire, chacun a sa part de responsabilité, mais Monsieur le journaliste, le poisson pourrit toujours par la tête. Ce que nous dénonçons ne date pas d’aujourd’hui. Mieux, la corrélation qui existe entre le maire et la Se ne devrait pas empêcher le maire de nous informer pour qu’ensemble nous décidions de la politique d’orientation.
Combien de conseillers portent-ils le projet de destitution du maire et quel est leur bord politique ?
Permettez-nous de ne pas vous dévoiler le nombre total de conseillers qui portent le projet ceci, pour des raisons de stratégie puisque vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes en politique, mais sachez que 18 sur 28 conseillers sont signataires de la motion de destitution et ils sont issus des trois partis politiques représentés au sein du Conseil communal à savoir la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), l’Union progressiste le Renouveau (Up le Renouveau) et le Bloc républicain (Br). Ce n’est donc pas une affaire de partis politiques.
Au cas où la session du vote de défiance ne sera pas convoquée, qu’allez-vous faire ?
En la matière, les textes sont clairs au niveau du règlement intérieur, du Code de l’administration communale et territoriale et du Code électoral. L’autorité de tutelle, c’est-à-dire le préfet de l’Alibori est là. Donc, sans nul doute que les textes seront respectés et appliqués. D’ailleurs, nous ne pensons pas que cela puisse en être autrement puisqu’aujourd’hui au Bénin, le respect de l’application des textes de loi de la République est le mode principal de gouvernance qu’a imprimé son excellence le président Patrice Talon et nul ne saurait se soustraire de cette de logique sinon de ce label Patrice Talon, ça c’est clair.
Le préfet est-il informé de votre initiative ?
Oui, le préfet de l’Alibori est informé puisque nous lui avons fait ampliation de la correspondance et nous avons reçu l’accusé de réception.
A-t-il mené des démarches de conciliation ?
Aucune démarche pour le moment mais il faut noter que la correspondance a été transmise le vendredi (10 mai 2024 Ndlr). Donc, nous croyons qu’il attend cette semaine pour peut-être bien prendre des dispositions.
Etes-vous prêts à aller à une table de négociations pour un apaisement ?
Il est vrai que je ne suis pas le porte-parole du Collectif, mais je ne pense pas que cette option soit envisageable.
Propos recueillis par Serge Adanlao




















