L’Institut national de la femme (Inf) est une véritable autorité administrative à même de relever les défis que l’État béninois s’est fixé au plan de la promotion et de la protection des droits de la femme. Il est doté de prérogatives larges et de tous les moyens législatifs pouvant lui permettre de promouvoir les femmes dans la société et de les assister juridiquement lorsqu’elles sont victimes de violences à raison de leur sexe. Pour réaliser cette mission, l’institution s’appuie sur ses relais et partenaires.
En moins d’une décennie, le Bénin a considérablement fait bouger les lignes en matière de promotion du leadership féminin. Ce qui se traduit par la volonté politique du président Patrice Talon qui a instauré un environnement favorable à la promotion et à la réalisation des objectifs de développement durable pour garantir les droits humains des citoyens en général et des femmes en particulier. L’institut national de la femme prend une part active dans la promotion de la femme béninoise. Dans l’optique de lutter efficacement contre les violences faites aux femmes et mieux s’assurer de la promotion et de la protection de la femme, l’Institut national de la femme (Inf) étend ses tentacules. Ainsi, il a été procédé à l’installation de ses points focaux et antennes départementales. L’Institut national de la femme (Inf) s’appuie désormais sur des relais stratégiques pour une protection intégrale des femmes au Bénin. A travers l’installation officielle des antennes départementales et points focaux, l’Institut entend renforcer son action pour la promotion et la protection de la femme dans tous les secteurs d’activités et sur toute l’étendue du territoire béninois. Il est donc question de mettre fin à la banalisation de la violence à l’endroit des femmes et les accompagner à s’épanouir et s’autonomiser dans la mesure du possible.
L’Inf peut compter sur des relais dans les chefs-lieux de département, les communes, au sein des centres de promotion sociale en pleine mutation vers des guichets uniques de protection sociale, dans les ministères et leurs structures sous tutelle et dans les institutions de la République. La présidente de l’Inf, Huguette Bokpè Gnacadja a témoigné de la crédibilité du processus de sélection avant d’exhorter les mandataires à travailler à la prévention des violences, la protection des plaignantes, la répression des auteurs, la restauration et la stabilisation pour les survivantes. Et de rappeler qu’il leur revient désormais de rassurer les femmes victimes, souvent réticentes à porter plainte, par des propositions concrètes de protection, de défense, de soutien psychologique et en cas de besoin, d’orientation vers l’autonomisation financière. Très ravie de la démarche et des efforts consentis en faveur de la promotion et de la protection de la femme au Bénin, la ministre des affaires sociales et de la microfinance, Véronique Tognifodé a reconnu le mérite des responsables de l’Inf avant de s’acquitter d’un devoir de reconnaissance à l’endroit des partenaires techniques et financiers engagés dans cette lutte. Grâce aux actions entreprises, selon la ministre, la lutte contre les discriminations négatives et violences à l’endroit des filles et des femmes est passée du discours à la réalité. Selon l’autorité ministérielle, les dénonciations, les poursuites judiciaires contre les auteurs et la prise en charge des victimes en sont les résultats palpables. Elle a exhorté les mandataires à assurer une bonne remontée des informations en vue de la prise en charge holistique des victimes. La secrétaire exécutive de l’Inf, Flore Djinou va préciser que le choix des points focaux s’est fait de sorte à avoir une représentativité de la diversité des couches et catégories socioprofessionnelles, en tenant compte des réalités culturelles et linguistiques. Elles joueront désormais d’une part le rôle de point focal dans les ministères et autres organisations et d’autre part, celui de chef d’antenne départementale.
Véritable cadre de concertation avec les organisations de la société civile qui œuvrent à la protection et à la promotion de la femme, l’Institut dispose, par ailleurs, d’un service actif d’écoute qui recevra les dénonciations de faits de discrimination ou de violence dont elle est l’objet. Il dispose du droit d’ester en justice et de se constituer partie civile pour ces faits.
Sensibilisation
L’une des actions de l’Inf est la sensibilisation. A cet effet, il a organisé dans le cadre de la Journée internationale de la femme africaine de l’année écoulée une sensibilisation des communautés dans la commune de Houéyogbé. À travers des dialogues communautaires, l’Institut national de la femme (Inf) se rapproche de sa communauté cible pour lutter contre les violences basées sur le genre (Vbg). Les leaders communautaires, les autorités municipales ainsi que la population ont participé aux échanges conduits par la Secrétaire exécutive de l’Inf. Le choix de la commune de Houéyogbé pour abriter cette campagne n’est pas le fruit du hasard. Les statistiques fournies par le représentant du préfet du Mono ont mis en évidence 389 cas de violences enregistrés du 1er janvier au 14 juillet 2023 dans le département du Mono, dont 28 femmes victimes de Vbg dans la Commune de Houéyogbé. Cette tendance constitue une entrave à l’épanouissement des femmes déplorée par le premier adjoint au maire de la Commune, Angelo Ametepe.
L’Afrique à l’école du Bénin
La vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, a participé du 10 au 17 mars 2024 à la 68ème session annuelle de la condition de la femme à New-York. L’objectif de cette rencontre est de partager avec ces pays l’expérience béninoise. L’Afrique, en observant attentivement le Bénin, s’inspire de sa politique en matière d’égalité des sexes et de promotion du leadership politique féminin. La voix de la vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, a résonné à New-York pour partager l’expérience du Bénin dans sa marche vers cet idéal, l’égalité des genres. Dans son discours, la vice-présidente du Bénin a souligné que la réduction des inégalités de genres et celle des fragilités féminines sont aujourd’hui des priorités au Bénin. Elle a également mis l’accent sur la volonté politique du président Patrice Talon, homme d’État, qui a permis d’atteindre ce changement. Pour parvenir à cet objectif, des actions fortes ont été entreprises, telles que la ratification des conventions, la modification de la Constitution et la révision du Code électoral en 2019, permettant l’élection d’au moins 24 femmes sur les 109 à chaque élection législative au Bénin. De plus, le Bénin s’est délibérément doté d’autres outils pour respecter ses engagements, notamment la déclaration de la politique de population, la politique nationale de promotion de la femme, la politique de l’éducation et de la formation des filles, ainsi que la création de l’Institut national de la femme (Inf).
En moins d’une décennie, selon la vice-présidente, le Bénin a considérablement fait avancer la cause du leadership politique des femmes. Par ailleurs, la vice-présidente a salué la sollicitude constante des partenaires envers le Bénin dans ce combat en faveur des femmes. Au-delà du partage de l’expérience béninoise, la vice-présidente recommande aux femmes de faire des hommes leurs partenaires pour la réalisation de leurs droits. Elle a également évoqué la nécessité d’une volonté politique et a encouragé les États à travailler dans un environnement international favorable à la consolidation de leur économie et à la réalisation des objectifs de développement durable pour garantir les droits humains de leurs citoyens.
Véritable cadre de concertation avec les organisations de la société civile qui œuvrent à la protection et à la promotion de la femme, l’Institut dispose, par ailleurs, d’un service actif d’écoute qui recevra les dénonciations de faits de discrimination ou de violence dont elle est l’objet. Il dispose du droit d’ester en justice et de se constituer partie civile pour ces faits. Au titre des autres mesures normatives, le gouvernement a adopté le décret portant modification du décret sur les attributions, l’organisation et le fonctionnement du secrétariat général de la présidence de la République.
Sergino Lokossou




















