Le projet pilote « Jeunes Médi’Art » prend officiellement son envol depuis hier lundi 13 juillet à Cotonou. Portée par le mouvement Street Hum’Art, cette initiative réunit seize (16) participants pour un atelier de cocréation de six (6) jours destiné à briser le silence autour des enjeux sexo-spécifiques et de l’inclusion grâce à des outils artistiques et audiovisuels alternatifs.
Le lancement officiel de cette session met en lumière un constat partagé par les acteurs des médias et de la société civile. Il s’agit du fossé grandissant entre les productions des médias traditionnels et les aspirations réelles de la jeunesse. Les contenus diffusés peinent à refléter la diversité des vécus et à intégrer les préoccupations liées au genre. Face à cette inadéquation, « Jeunes Médi’Art » se positionne pour corriger ce déséquilibre en plaçant directement la cible au centre des choix éditoriaux et du processus de production. Le projet utilise des canaux de communication peu conventionnels comme la bande dessinée, le graffiti et les capsules vidéo pour contourner les formats théoriques. Pour cette phase pilote, douze (12) représentants d’organisations de la société civile béninoise s’associent à quatre (4) bédéistes professionnels. Sélectionnés selon des critères rigoureux, ces jeunes proviennent de structures engagées telles que l’Association des bloggeurs du Bénin, le Parlement des jeunes du Bénin, le Gouvernement des jeunes du Bénin, Fjad, Juriste engagé pour le droit, Lead vision femme, Odes Bénin Ong et Ra-Igd. « Notre véritable but est d’amplifier vos voix », a martelé Ayi Pierre Typamm, président de Street Hum’Art, lors de son allocution d’ouverture. Il insiste sur la vocation profonde de la démarche en affirmant que « L’art n’est pas qu’un outil de décoration. L’art est un outil de transformation sociale ». Selon lui, une ligne tracée ou une vidéo rythmée possède le pouvoir de franchir les barrières que les longs discours ne peuvent pas traverser. Financé par l’Agence française de développement (Afd) par l’intermédiaire de Canal France international (Cfi), l’atelier s’appuie sur la complémentarité des profils pour aborder la citoyenneté, la liberté d’expression et les violences basées sur le genre. Les participants sont appelés à formuler des propositions concrètes destinées à influencer l’espace public béninois.
Restitution de la pluralité des réalités locales
S’exprimant sur l’importance démographique de cette cible, Oro Ayefemi, Responsable pays de MédiaOs, a rappelé que le Bénin compte plus de 65 % de jeunes. « Nous ne sommes pas que le futur, nous sommes déjà le présent », a-t-il soutenu pour légitimer la prise de parole directe des communautés. Il a invité l’auditoire à rejeter l’autocensure pour restituer la pluralité des réalités locales. De son côté, Cléopâtre Kougniazonde, première vice-présidente du Réseau des alumni des Jeunes leaders du Bénin, a mis en avant l’impact subtil et efficace de la démarche artistique choisie. Aussi, a-t-elle souligné que l’art permet de transmettre des messages essentiels sans générer de sentiment d’agressivité, facilitant ainsi l’intégration inconsciente des enjeux de gouvernance. Pendant six jours, les locaux de MédiaOs serviront de cadre à la conception de deux bandes dessinées inédites, de capsules audiovisuelles et d’une fresque murale monumentale, marquant le point de départ d’un plaidoyer communautaire durable.
Karol B. Sékou (Coll)




















