Le procès relatif à la disparition de Pierre Urbain Dangnivo a connu un nouveau tournant le vendredi 3 juillet 2026 avec le témoignage de l’ancien directeur général de la Police nationale, Louis Philippe Houndégnon. Comme le rapporte le média en ligne Banouto, l’ancien patron de la Police a affirmé qu’un de ses informateurs lui avait indiqué qu’Akon Isidore serait l’auteur du meurtre de l’ex-cadre du ministère des Finances.
Une déclaration qui apporte un nouvel élément dans un dossier qui continue de susciter de nombreuses interrogations.
Entendu à la demande de la défense devant le tribunal de première instance de Cotonou, Louis Philippe Houndégnon a expliqué, selon Banouto, avoir reçu des renseignements d’un informateur nommé Aguia Bernardin. D’après lui, ce dernier lui avait affirmé sans ambiguïté qu’« Akon Isidore a tué Pierre Urbain Dangnivo ».
L’ancien Dgpn a précisé qu’il faisait confiance à cet informateur, qui aurait déjà permis, en 2005, de faire progresser une enquête sur un double homicide impliquant, selon lui, le même Akon Isidore. Fort de ces informations, des investigations auraient été engagées avant d’être réorientées vers Guidime Célestin.
Des investigations freinées, selon Houndégnon
Toujours d’après les informations publiées par Banouto, Philippe Houndégnon a indiqué que cette piste n’avait pas été exploitée jusqu’à son terme en raison de ce qu’il qualifie de « blocage interne ». Il a affirmé avoir transmis les renseignements recueillis à sa hiérarchie, sans toutefois les communiquer à l’Office de police judiciaire.
Interrogé sur les circonstances du crime, l’ancien responsable de la Police a expliqué que son informateur ne livrait jamais tous les détails avant l’interpellation du suspect. « La difficulté avec les informateurs professionnels comme Aguia, c’est qu’ils ne disent pas les circonstances avant que le coupable soit aux arrêts », a-t-il déclaré à la barre, selon Banouto.
Le mobile évoqué devant le tribunal
Répondant aux questions du procureur de la République, Louis Philippe Houndégnon a indiqué que, selon son informateur, Pierre Urbain Dangnivo aurait perdu la vie parce qu’il aurait tenté de résister. L’ancien Dgpn a également estimé que des considérations extérieures avaient empêché l’aboutissement de cette piste. « Voilà un dossier dans lequel la politique a pris le dessus sur la vérité », a-t-il déclaré, des propos rapportés par Banouto.
Il a ajouté que deux collaborateurs avec lesquels il suivait cette affaire sont aujourd’hui décédés. Une troisième personne, toujours en vie, pourrait, selon lui, contribuer à retrouver Akon Isidore si elle acceptait de collaborer avec les enquêteurs. Il a demandé que son identité soit communiquée au tribunal à huis clos.
Les déclarations d’Alofa et d’Amoussou Donatien
Après l’audition de Louis Philippe Houndégnon, Alofa a comparu devant le tribunal. Il a affirmé avoir connu Akon Isidore en prison, où celui-ci occupait la fonction de « cabiniste ». Il a également déclaré l’avoir revu par la suite à Womey en compagnie d’un certain Polo avant son arrestation.
Pour sa part, Amoussou Donatien a indiqué n’avoir entendu parler d’Akon Isidore qu’au cours de l’instruction de cette affaire.
Les déclarations de l’ancien directeur général de la Police nationale relancent les débats autour de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo. Elles introduisent une piste différente de celles jusque-là examinées par la justice.
L.A.

















