C’est dans la salle Fleuve jaune du ministère des affaires étrangères que les membres de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem) au Bénin ont présenté le vendredi 03 juillet 2026 le bilan de la 9e mandature. Entre résilience financière et réformes structurelles, l’organe d’autorégulation révèle avoir passé un mandat de combat.
La cérémonie a débuté par l’allocution de la trésorière de l’Odem, Pulchérie Gbèmènou, qui a salué la mobilisation des participants et l’engagement sans faille des conseillers tout au long de cet exercice. Le président de l’institution, Ulrich Vital Ahotondji, a ensuite exposé le bilan global de cette mandature (2023-2026), rappelant le contexte extrêmement précaire dans lequel elle s’est déroulée.« De 2023 à 2026, l’Odem a évolué dans un contexte où les subventions aux organisations faîtières de la presse sont suspendues », a déploré le président. Sans ressources étatiques, l’observatoire a dû faire des choix radicaux pour survivre. Initialement contraint à la location, l’organe a été relogé à la Maison des médias. Plus marquant encore, la mandature a réussi à assainir ses finances : « Nous avons décidé de façon souveraine d’arrêter les dettes parce qu’elles s’élevaient à huit millions de francs Cfa. Heureusement, avec l’appui de l’Assemblée spéciale et de l’Union Européenne, nous avons pu nous bâtir un petit quartier », s’est réjoui Ulrich Vital Ahotondji. Le code de déontologie relu, mais l’avenir reste fragile. Malgré cette tempête financière, l’Odem a maintenu le cap de ses missions régaliennes à travers des séances de sensibilisation, des avis déontologiques et des médiations pour accompagner les professionnels des médias. Le clou de cette mandature demeure, selon son président, la relecture réussie du Code de déontologie et de l’éthique dans les médias, un outil désormais modernisé pour encadrer la presse béninoise. L’Odem a survécu, mais les chantiers qui attendent la prochaine équipe restent colossaux. Ulrich Vital Ahotondji a identifié trois défis majeurs pour l’avenir de l’autorégulation au Bénin. Il s’agit de la mobilisation durable des ressources, la crédibilité et la notoriété de ses membres, ainsi que l’engagement à long terme des associations de presse. Pour les mandatures à venir, l’observatoire mise sur la poursuite des formations et le déploiement de nouveaux outils technologiques afin d’élever la qualité de l’information au Bénin. La rencontre s’est achevée par un débat franc et direct entre les membres de l’Odem et les journalistes présents, preuve que le dialogue reste ouvert pour redorer le blason du quatrième pouvoir au Bénin.
Syntiche Akoakou (stag)
Lucresse Kodjo (stag)



















