Des acteurs de plusieurs pays africains se réunissent à Cotonou du 19 au 23 octobre 2026 pour développer une filière locale de bio-intrants, capable de valoriser les ressources organiques, de préserver les sols et de renforcer la souveraineté agricole du continent. C’est à travers des réflexions et le partage des expériences et des solutions engagées depuis le lundi 19 octobre 2026, à Cotonou dans le cadre d’un atelier régional consacré au Bio-Pact.
L’Afrique veut accélérer le développement des bio-intrants. A cette occasion, il est organisé depuis le lundi 19 octobre 2026, à Cotonou un atelier international sur les bio intrants qui regroupe des chercheurs venus de plusieurs pays d’Afrique. Soutenue par le Fonds international de développement agricole (Fida), cette initiative de coopération Sud-Sud et triangulaire entend accélérer le développement des bio-intrants en Afrique. Au cœur des échanges, la valorisation des ressources locales pour réduire la dépendance aux intrants importés et promouvoir une agriculture plus durable. À l’ouverture de l’atelier, Madeleine Lafia Mora, Secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, a insisté sur la nécessité de fonder la promotion des bio-intrants sur des résultats scientifiques probants. Elle a rappelé que ces produits n’ont pas vocation à se substituer systématiquement aux engrais minéraux. Leur utilisation doit plutôt s’inscrire dans une gestion intégrée de la fertilité des sols, tenant compte des besoins des cultures et des réalités des exploitations. Dr Hervé Sossou, Directeur général de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) a, pour sa part, mis en avant les travaux de recherche sur le compostage, la valorisation des ressources biologiques et la protection des cultures. Le défi reste désormais de faire sortir les innovations des laboratoires pour les rendre concrètement utiles aux producteurs. Au-delà des enjeux agronomiques, la structuration de la filière représente une opportunité pour l’entrepreneuriat rural. La transformation des déchets organiques et des résidus agricoles peut favoriser la création d’unités de production, générer des revenus et ouvrir de nouveaux débouchés aux jeunes et aux femmes. Mais pour passer à une production à grande échelle, la recherche ne saurait agir seule. Bernard Hien, Directeur régional du Fida, a souligné l’importance d’une mobilisation accrue du secteur privé. L’accès aux financements, l’accompagnement des entreprises et l’existence de marchés viables constituent autant de conditions nécessaires à l’essor de cette activité. Les participants sont donc appelés à formuler des recommandations opérationnelles, à consolider les partenariats entre institutions et à construire une communauté régionale de pratique autour des bio-intrants. Des visites de terrain permettront également de découvrir des laboratoires, des unités de production et des exploitations qui utilisent déjà ces solutions.
Odi I. Aïtchédji
Le Matinal du 24 juillet 2026

















