Après l’étape du Borgou Mardi dernier, le programme BeniBiz a posé ses valises à Kandi ce jeudi 23 Avril, pour le lancement des dernières cohortes dans le département de l’Alibori. Autorités administratives, maires, acteurs de la microfinance, responsables de l’emploi et jeunes entrepreneurs ont massivement répondu présents à cette cérémonie marquée par des témoignages forts et des échanges riches.
Une initiative portée par TechnoServe, avec l’appui de l’État béninois et de partenaires techniques et financiers tels que l’Union européenne, l’Ambassade des Pays-Bas au Bénin et la Coopération suisse.
Au cœur de l’événement, un panel sur les défis et perspectives de l’entrepreneuriat au Bénin a permis de lever plusieurs équivoques. Les panélistes ont insisté sur l’évolution des mentalités : autrefois tournées vers la fonction publique, elles s’ouvrent désormais à l’initiative privée, devenue une réponse concrète au chômage. L’innovation, la capacité à résoudre un besoin réel et la discipline personnelle ont été présentées comme des clés essentielles de réussite. « Il faut d’abord s’examiner soi-même, identifier ses failles et agir avec rigueur », a conseillé l’un des intervenants, appelant les jeunes à passer de l’imitation à la création de valeur.
Les témoignages des bénéficiaires ont donné un visage humain à ces recommandations. Assouma Assiatou, transformatrice de piment, est passée de 10 % à 70 % de production grâce à l’accompagnement. Dame Salimatou, promotrice de “Saveurs locales”, a vu son chiffre d’affaires tripler, atteignant parfois 100 000 Fcf, grâce à une meilleure gestion et à la visibilité digitale. Quant à Gakpé Saoudiatou, elle revendique aujourd’hui son autonomie entrepreneuriale après avoir structuré une activité héritée de sa mère.
Les représentants de la CLCAM et la BOA de Kandi ont, pour leur part, mis en avant des mécanismes d’épargne, de crédit et d’accompagnement, tandis que le représentant du MAEP a rappelé l’existence de dispositifs comme le Fonds national de développement agricole. Le représentant du préfet, Emmanuel N’Tcha, a salué des résultats « très élogieux de BeniBiz en 2025», évoquant une hausse moyenne de 211 % du chiffre d’affaires des bénéficiaires et plus de 3 000 jeunes formés.
Couvrant les communes de Banikoara, Gogonou, Kandi, Karimama, Malanville et Ségbana, cette nouvelle cohorte s’adresse aux jeunes de 18 à 35 ans, prêts à suivre un accompagnement de 9 mois combinant formation et coaching, dès le 27 avril.
Mais au-delà du lancement, un message fort a émergé : bénéficiaires comme autorités appellent à la pérennisation du programme. Car pour beaucoup, BeniBiz n’est pas une fin, mais un début.
Romuald Affédjou (Coll. Borgou/Alibori Le Matinal)
















