Alors qu’on lui reprochait d’assister impuissant, à l’implosion de son parti à l’approche des élections législatives et communales, c’est Boni Yayi qui, à son tour se retire de ses fonctions de président du parti Les Démocrates, mettant fin à ses activités au sein du principal parti d’opposition. Avec ou sans lui, ce parti pourra-t-il continuer d’exister et préserver son audience dans le paysage politique ?
Boni Yayi a claqué la porte du parti Ld. Dans son courrier, l’homme explique vouloir se consacrer au repos. Une décision personnelle qui survient au pire moment pour un parti déjà fragilisé par des dissensions internes et des échecs électoraux répétés. Il part en laissant une formation politique dans un état presque comateux. Depuis sa création le parti a bénéficié de l’aura de Yayi et les victoires qu’il a engrangées n’a été l’œuvre du leader charismatique que constitue ce dernier. L’ancrage national du parti n’a été possible que grâce à Boni Yayi. Au sein de cette formation politique rien n’est en place. Il y a une perte de leadership fondateur, divisions internes non résolue, échecs électoraux, départ de figures parlementaires et affaiblissement de la base. Le départ d’une figure centrale comme Boni Yayi, est perçue comme une traversée du désert et on se demande comment cette formation politique pourrait-elle garder mobilisés les militants alors qu’il n’y a aucun enjeu majeur. C’est vrai que Boni Yayi a laissé un courrier dans lequel il a demandé au vice-président de prendre sa succession et de rester soudés. Mais à y voir de près, cela ne sera pas facile. Le parti peut bel et bien rallier la dynamique au pouvoir au terme de la rencontre que les dirigeants prévoient pour le weekend prochain afin de décider de l’avenir du parti. Avec ou sans Boni Yayi, il faut que le parti continue d’exister et préserver son audience dans le pays. Il revient aux instances dirigeantes de jouer un rôle clé car les jours du parti semblent désormais comptés. Le parti est absent de toutes les instances de décision. Mieux, il ne pourra parrainer aucun candidat à la présidentielle de 2033. Il sera compliqué pour le parti de survivre au départ d’un membre influent comme Boni Yayi dont l’image et la notoriété sont restées collées au parti.
Sergino Lokossou
Le Matinal du 30 août 2022




















