Lors de sa conférence de presse du mercredi 10 décembre 2025, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a salué la maturité du peuple béninois et le professionnalisme de l’armée nationale, dont l’attitude exemplaire a permis de déjouer la tentative de coup d’État survenue le dimanche 7 décembre. Extraits recomposés de ses propos.
« Les Béninois sont des gens résilients. Ils savent faire confiance à leurs institutions, et ils ont davantage de raisons de le faire », a rappelé Wilfried Léandre Houngbédji lors de sa sortie médiatique. Revenant sur les premières heures ayant suivi l’annonce du putsch, il a souligné la réaction immédiate et lucide des citoyens. « J’ai vu de façon quasi unanime, dès que les réseaux sociaux ont relayé la déclaration des putschistes, des milliers de Béninois affirmer : Non, ça ne peut pas se passer au Bénin.” ». Cette réaction spontanée illustre, selon lui, un état d’esprit profondément ancré : la conscience que le pays n’est pas destiné à sombrer dans l’aventure et l’instabilité. Le peuple, a-t-il insisté, « ne veut pas que cela lui arrive ». À ces élans populaires, se sont ajoutés des messages de soutien provenant de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Le chef de l’État, précise-t-il, « a tenu à exprimer sa reconnaissance à tous nos concitoyens pour leurs mots d’encouragement et de soutien ». Ce sursaut collectif, parfois imperceptible de l’extérieur, « concourt aussi à la victoire sur l’ennemi ».
Le rôle décisif d’une armée républicaine
Le porte-parole a salué avec insistance la conduite irréprochable de l’armée béninoise, qui n’a pas répondu aux appels des putschistes et a réaffirmé son attachement aux institutions démocratiques. Il a rappelé que le coup d’État avorté avait été « préparé, planifié, et son exécution engagée avec des moyens aussi forts, aussi lourds que ceux que l’argent de tous les Béninois a permis d’acheter pour équiper la Garde nationale dans la lutte contre le terrorisme ». Ironisant sur les discours victimaires avancés par certains protagonistes, il a ajouté : « Rien qu’à voir cet aspect-là, vous direz aux candidats putschistes que si leurs conditions étaient si minables, ils n’auraient pas eu autant de moyens à utiliser contre le peuple béninois et ses institutions. » L’armée, bien entraînée et dotée d’équipements modernes, a selon lui démontré son professionnalisme, sa discipline et son attachement indéfectible à la République. Le porte-parole du gouvernement a réaffirmé l’engagement de l’exécutif à « continuer à bâtir des institutions solides et une armée républicaine, dévouée au service du peuple béninois et de notre nation ».
Préserver la démocratie, un devoir permanent
Revenant sur la fragilité inhérente à toute démocratie, il a rappelé qu’« il vaut mieux une démocratie imparfaite qu’une dictature militaire, qu’elle soit parfaite ou imparfaite ». Même les nations dotées de plusieurs siècles d’expérience démocratique, souligne-t-il, « ne sont pas encore à la perfection ». Cette tentative de déstabilisation doit donc renforcer la vigilance collective et l’engagement dans la durée. « Plus jamais ça », a insisté le porte-parole, citant l’exhortation du chef de l’État.
Une condamnation unanime
Wilfried Léandre Houngbédji a enfin salué « la réprobation et la condamnation unanime des Béninois » face à ceux qui ont tenté d’attenter à la stabilité du pays. Cette unité, rare et exemplaire, constitue selon lui l’une des plus grandes forces du Bénin. En rappelant l’épisode du 7 décembre, le gouvernement entend souligner une victoire essentielle : celle d’un peuple et d’une armée déterminés à défendre ensemble la paix, la démocratie et l’avenir de la nation.
Gabin Goubiyi



















