À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme célébrée hier jeudi 2 avril 2026, le ministère en charge des Affaires sociales et l’Association des parents d’enfants autistes du Bénin (Apeab) ont mobilisé d’importantes ressources pour une opération de dépistage simultanée dans plusieurs localités du pays, marquant une étape décisive vers une meilleure inclusion sociale.
Le Guichet unique de protection sociale de Wologuèdè, à Cotonou, a servi de cadre pour cet événement placé sous le signe de la solidarité et de l’espoir. Au milieu des familles venues chercher des réponses, une délégation officielle du ministère des Affaires sociales et de la microfinance a apporté son soutien à la campagne internationale Spark 2026. Cette initiative, intitulée « A Spectrum of Possibilities », ambitionne de dépister des milliers d’enfants à travers le continent africain pour briser les tabous entourant les troubles du spectre de l’autisme. Pour Émeraude Attere, présidente de l’Association des parents d’enfants autistes du Bénin (Apeab), cette mobilisation est une opportunité historique de changer le destin des plus jeunes. « Le dépistage précoce constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus importants pour améliorer l’avenir des enfants autistes et de leurs familles », a-t-elle martelé lors de son allocution officielle. Elle a insisté sur le fait que plus l’identification intervient tôt, plus l’accompagnement s’avère efficace et porteur de perspectives concrètes pour l’enfant. Sur le terrain, la réalité des familles témoigne de l’urgence de cette prise en charge. Siavi Gbénou, mère de famille rencontrée dans les locaux du Gups, a pu bénéficier de l’expertise des professionnels mobilisés. « On m’a posé un certain nombre de questions auxquelles j’ai répondu. À la fin, on m’a fait comprendre que je dois amener ma fille au Cnhu-Hkm de Cotonou pour un diagnostic plus approfondi », confie-t-elle, rassurée par la fluidité du processus. Ce sentiment est partagé par Kévin Ray, un autre parent qui voit en cette action un moyen de faciliter une meilleure assistance pour les enfants tout en détectant le mal dès le plus jeune âge. Portant la voix du gouvernement, Sakinatou Gambari Imorou Adegoute a rappelé que l’autisme n’est en aucun cas une maladie mentale, mais une condition neurodéveloppementale nécessitant un cadre adapté. Elle a souligné que cette opération s’inscrit dans la continuité des efforts étatiques fournis depuis deux (2) ans à travers des projets pilotes à Cotonou et Abomey-Calavi. « Les résultats encourageants déjà enregistrés ouvrent des perspectives nouvelles en matière de détection, d’accompagnement précoce et de prise en charge adaptée », soutient la représentante de la ministre. Alors que la campagne se poursuit ce jour, vendredi 3 avril, dans huit localités majeures telles que Parakou, Porto-Novo et Natitingou, les autorités exhortent les parents à la vigilance face aux signes précurseurs comme les difficultés de communication ou les gestes répétitifs. Cette synergie entre l’État, les associations et les professionnels de santé dessine les contours d’un Bénin plus inclusif, où chaque enfant, quelle que soit sa singularité, trouve sa place au sein de la communauté nationale.
Karol B. Sékou (Coll)
Le Matinal du 30 août 2022

















