Le rapport final de l’audit indépendant du fichier électoral béninois, rendu public le 5 août 2025, lève toute équivoque sur la transparence et la fiabilité de cet outil capital pour les prochaines échéances électorales. Commandité par le gouvernement en réponse à une exigence de l’opposition, cette expertise internationale constitue une étape décisive dans la consolidation de la démocratie électorale au Bénin.
Terminus, tout le monde descend. Le comité d’experts mandaté pour auditer le fichier électoral du Bénin a livré ses conclusions. Menés durant un mois par le Congolais Ronsard Malouda Ngimbi, les travaux ont abouti à un constat sans appel : le fichier électoral béninois est fiable, transparent, et dénué de doublons. Pour les quatre experts internationaux sollicités, l’outil repose sur un socle civil modernisé et stabilisé, fruit d’une série de réformes législatives et réglementaires encadrant l’identification des citoyens. Les auditeurs ont salué la cohérence entre le fichier d’état civil et le fichier électoral, rendant impossible la présence de doublons, en raison de l’identifiant unique attribué à chaque citoyen. « Tous les traitements au fichier d’état civil bénéficient au fichier électoral. Un fichier d’état civil, déjà, ne peut pas tolérer en son sein des doublons parce que la nation tourne avec un identifiant unique par citoyen. Quand l’extraction du fichier électoral intervient, ça intervient dans un environnement où le fichier d’état civil lui-même a déjà été dédoublonné », a laissé entendre le Congolais Ronsard Malouda Ngimbi, chef de l’équipe d’experts, insistant sur la solidité du système mis en place par l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), qui en est le maître d’œuvre. Cette conclusion vient conforter la position du gouvernement qui, dès l’origine, avait manifesté sa volonté d’assurer la transparence du processus électoral. Les appréhensions des principaux partis politiques de la mouvance qui se sont mis en retrait de l’opération, n’ont guère émoussé l’ardeur du chef de l’Etat qui a tenu à ce que le comité de pilotage aille jusqu’au bout de sa mission. Patrice Talon avait affirmé la nécessité de garantir un outil de consultation électorale irréprochable. A l’occasion d’une rencontre avec les membres du comité présidé par Jean-Baptiste Elias, il a insisté sur le bien-fondé de l’audit parce que pour lui, il est impérieux de s’assurer que « l’outil qui permet de consulter nos concitoyens à l’occasion des échéances politiques est fiable ». Dès lors, le comité s’est mis à la tâche et a lancé, en toute souveraineté, le processus de recrutement des experts qui ont fait leur travail technique sans aucune influence politique. A l’arrivée, c’est un rapport limpide et rassurant pour les différentes sensibilités politiques qui est pondu. Il s’agit là d’une preuve d’élégance républicaine du pouvoir Talon qui vient une fois encore démontrer à la face du monde sa volonté de faire les choses en toute transparence. En finançant l’audit à hauteur de 160 millions de francs Cfa, et en permettant un recrutement autonome des experts par le comité de pilotage dirigé par Jean-Baptiste Elias, l’Exécutif a clairement joué la carte de l’intégrité.
Une défaite symbolique pour l’opposition
Longtemps réclamé par l’opposition, l’audit du fichier électoral se retourne aujourd’hui contre elle. Le rapport, jugé clair et rigoureux, prive désormais ses responsables d’un argument de contestation majeur à l’approche des élections générales de 2026. Ceux qui, à l’instar des partisans de Boni Yayi, avaient dénoncé la partialité du fichier lors des Législatives de 2023, se voient aujourd’hui contraints de reconsidérer leurs griefs. Ce revers politique pour l’opposition souligne aussi la maturité démocratique du pays. En agissant dans un cadre institutionnel républicain, sans influence politique sur le travail des experts, le gouvernement béninois envoie un signal fort : celui d’une gouvernance qui privilégie les faits à la polémique, et la transparence à la suspicion. En somme, le Bénin s’inscrit davantage dans une dynamique de consolidation de ses acquis démocratiques. L’audit du fichier électoral, en neutralisant un potentiel foyer de contestation, permet de recentrer le débat politique sur les projets et non sur les outils.
Gabin Goubiyi
Le Matinal du 05 septembre 2022
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