Contrairement à certaines affirmations selon lesquelles aucun traité de protectorat n’aurait été signé entre la France et le royaume de Kouandé à la fin du XIXè siècle, des documents d’archives viennent rétablir les faits : un traité a bel et bien été signé le 30 avril 1897 entre le roi Bagana Worou Wari II et le capitaine Garnier, représentant du gouverneur français du Dahomey, Victor Ballot.
L’argument selon lequel aucune archive ne ferait mention d’un accord spécifique entre la France et Kouandé repose sur une interprétation erronée du contexte historique. Il est vrai que Kouandé faisait à cette époque partie intégrante du Borgou. Toutefois, cela n’exclut pas l’existence de traités distincts avec plusieurs royaumes de cette région, dont Nikki et Kouandé. « Affirmer qu’aucune source historique ou archive ne mentionne l’existence d’un traité distinct signé directement entre la France et le roi de Kouandé est archi faux », affirme Pierre Séké.
Plusieurs traités dans la région du Borgou
Les archives montrent qu’un premier traité de protectorat a été signé le 26 novembre 1894 entre le gouverneur Victor Ballot, représenté par le commandant Decoeur, et le roi Séro Torou de Nikki. Un autre accord a été conclu le 24 novembre 1897 par le capitaine Garnier avec Nikki, puis finalisé le 25 février 1898 par le commandant Ricour sous le règne de Kpé Soumèra.
De son côté, le royaume de Kouandé, dirigé à cette époque par Bagana Worou Wari II (1883–1897), a conclu son propre traité de protectorat avec la France le 30 avril 1897, toujours par l’entremise du capitaine Garnier.
Des sources coloniales irréfutables
Ces faits sont étayés par des journaux intimes et rapports d’officiers coloniaux français qui ont joué un rôle actif dans la signature de ces traités. Ces documents officiels mentionnent les dates précises, les personnalités impliquées et le cadre légal de la signature de ces accords au nom de la République française.
Pierre Séké invite à consulter à ce sujet la Revue française d’histoire d’outre-mer, en particulier l’article intitulé « La mission Garnier dans le Haut-Dahomey (1897–1898) : les rivalités franco-anglaises et franco-allemandes, dernière phase de la course au Niger ».
« Les pages 259 à 261 de cette publication confirment l’existence des traités et la reconnaissance de Nikki et Kouandé comme relevant clairement de la sphère d’influence française », précise-t-il. Cet éclairage vient corriger une lacune historique souvent négligée dans les récits sur la colonisation du nord du Dahomey. L’existence d’un traité de protectorat propre à Kouandé atteste du rôle diplomatique que jouaient les royaumes locaux dans leur rapport avec les puissances coloniales.
Léonce Adjévi





















