L’Université agricole K-d.k de Parakou a accueilli, le mardi 13 janvier 2026, un mini-workshop scientifique consacré à la mobilisation des données et à la conservation à long terme, de la biodiversité, avec un accent particulier sur une composante longtemps négligée : la biodiversité du sol et les champignons. Initiée dans le cadre de la restitution du projet Jrs Data Mobilization and Long Term Conservation of Wild Fungi (Wef) in Benin, cette rencontre a réuni enseignants-chercheurs, experts nationaux, étudiants et acteurs de la conservation autour d’un enjeu majeur : mieux connaître pour mieux protéger.
Pour Dr Parapé Raouf, Directeur des études de l’Université agricole K-d.k, cette activité s’inscrit pleinement dans la vocation de l’institution. « Une université est avant tout un centre de recherche. Ce workshop permet à nos étudiants de comprendre concrètement comment se fait la restitution scientifique et démontre l’engagement de K-d.k pour la biodiversité », a-t-il souligné. Il rappelle que l’université avait déjà organisé, en novembre dernier, une activité similaire sur la biodiversité du sous-sol, preuve d’une dynamique durable. Même son de cloche du côté du Dr Kassim Tchan Issifou, président de l’Ong Avenir Alafia et enseignant-chercheur, pour qui ce workshop est la suite logique des recommandations issues de l’atelier du 15 novembre. « Il était nécessaire de mettre en commun les bases de données existantes et de réfléchir aux actions concrètes de conservation à long terme, notamment des champignons mycorhiziens », a-t-il expliqué. Présent à la rencontre, Dr Augustin Orou Matilo, point focal de la convention sur la diversité biologique au Bénin, s’est dit impressionné par l’engagement des jeunes chercheurs. Il a salué la qualité des échanges et insisté sur l’importance d’intégrer la biodiversité fongique et souterraine dans la Spanb, document stratégique national en cours de révision.
Coordonnateur du projet Jrs, Dr Roël Houdanon a, quant à lui, rappelé que la biodiversité du sol, souvent qualifiée de « hidden biodiversity », reste marginalisée dans les politiques publiques. Le projet Jrs vise à documenter les champignons, leurs usages par les populations rurales, à former chercheurs et étudiants à la publication des données sur la plateforme Gbif, et à orienter les politiques nationales de conservation. Au-delà d’un simple atelier, ce mini-workshop positionne l’Université agricole K-d.k comme un acteur scientifique clé dans la lutte pour la conservation durable de la biodiversité au Bénin, visible comme invisible.
Romuald Affédjou (Chef Br Borgou/Alibori Le Matinal)



















