le Centre national d’investigations numériques (Cnin) a présenté, le mercredi 7 janvier 2026, le bilan de ses activités pour l’année 2025. À cette occasion, son directeur général, Ouanilo Medegan Fagla, a dévoilé des chiffres qui traduisent une intensification de la lutte contre la cybercriminalité au Bénin.
D’après 24 heures au Bénin, plus de 6 500 plaintes liées aux infractions numériques ont été enregistrées en 2025, contre 4 000 en 2024, soit une hausse de plus de 60 %. Pour le directeur général du Cnin, cette progression ne signifie pas forcément une explosion de la cybercriminalité, mais plutôt une hausse de la confiance des citoyens dans les mécanismes de dénonciation. « Les citoyens savent désormais qu’une plainte peut aboutir », a-t-il indiqué. Toujours selon 24 heures au Bénin, 1 500 personnes soupçonnées d’activités illicites sur Internet ont été interpellées au cours de l’année. Une seule plainte peut parfois conduire à l’arrestation de plusieurs individus, en raison du fonctionnement en réseau des cybercriminels. Le Cnin explique que cette efficacité repose sur une stratégie de démantèlement en cascade. À partir d’une plainte déposée par une victime — pour extorsion, arnaque aux sentiments ou fraude bancaire — les enquêteurs remontent la chaîne numérique pour identifier les exécutants, les complices chargés du retrait des fonds, ainsi que les responsables des réseaux. La majorité des personnes interpellées sont de jeunes hommes, attirés par l’appât du gain facile et la banalisation de l’arnaque en ligne, communément appelée le phénomène des « gaymen ». Le Centre annonce enfin la publication prochaine d’un rapport détaillé sur les modes opératoires des cybercriminels et le profil des victimes, afin de renforcer la prévention. Créé pour moderniser la lutte contre la délinquance numérique, le Cnin s’impose désormais comme l’un des piliers de la cybersécurité au Bénin, face à la multiplication des arnaques et des fraudes financières en ligne.
Léonce Adjévi



















