Le Groupe d’action intergouvernemental contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) veut davantage impliquer les responsables religieux dans la lutte contre la criminalité financière. Sa directrice générale, Mam Cherno Jallow, a lancé cet appel le mardi 8 septembre 2026 à Banjul, en Gambie, lors d’un séminaire consacré à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (Lbc/Ft).
Placée sous le thème « Promouvoir la Lbc/Ft sur l’autel », la rencontre a réuni des chefs religieux et des représentants d’institutions religieuses. Pour Mam Cherno Jallow, leur influence auprès des fidèles et des communautés constitue un atout important pour promouvoir des comportements responsables et préserver la paix. La responsable du Giaba a notamment évoqué la corruption, les enlèvements, la traite des êtres humains, le trafic de drogue, le terrorisme et l’extrémisme violent. Ces activités génèrent des revenus illicites qui peuvent ensuite être introduits dans les circuits économiques et financiers légaux. Mam Cherno Jallow estime que les chefs religieux ne doivent pas se limiter à dénoncer ces pratiques dans leurs sermons. Ils sont également appelés à montrer l’exemple par leur comportement et leur mode de vie. Créé en 2000, le Giaba est l’institution spécialisée de la Cedeao chargée de renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans la région. L’organisation travaille notamment avec les États membres pour leur permettre de respecter les normes internationales du Gafi. De son côté, l’Unité de renseignement financier (Fiu) de Gambie a attiré l’attention sur les risques liés à la gestion des dons et fonds caritatifs par les organisations religieuses. Elle recommande à ces structures de tenir des registres financiers fiables, de garantir la transparence dans la gestion des ressources et de rester vigilantes face aux dons importants et aux partenariats extérieurs.
Léonce Adjévi



















