La ministre conseillère à la Santé, Rosine Dagniho, était le mardi 22 septembre 2026 au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), à Cotonou, dans le cadre d’une visite consacrée à la prise en charge des urgences vitales, à la disponibilité du personnel de santé et aux difficultés rencontrées dans le fonctionnement quotidien de l’hôpital. Une descente de terrain placée sous le signe de l’écoute, du dialogue et de la recherche de solutions.
Accompagnée du préfet du Littoral Gilbert Déou Malè et de la directrice départementale de la Santé du Littoral Dr Azé Josiane, la ministre conseillère à la Santé, Rosine Dagniho a parcouru les différents services d’urgences du Cnhu-Hkm afin de constater de visu l’effectivité de la mesure de prise en charge des urgences vitales. De la pédiatrie aux urgences gynéco-obstétricales, en passant par les grandes urgences, la ministre conseillère s’est entretenue avec les responsables et les équipes médicales sur les conditions de mise en œuvre du dispositif. « Notre présence sur le terrain répond à une préoccupation essentielle, mieux comprendre les réalités auxquelles sont confrontés quotidiennement les patients et les professionnels de santé, afin d’apporter des réponses adaptées », a déclaré Rosine Dagniho.
Au cours de cette visite, elle a également recueilli le témoignage d’une femme dont la mère bénéficie de la mesure de prise en charge des urgences vitales. Un témoignage qui a permis d’apprécier, du côté des bénéficiaires, la portée concrète du dispositif mis en place dans les établissements sanitaires. La ministre conseillère a notamment insisté sur la nécessité de garantir une prise en charge rapide et efficace des patients dont le pronostic vital est engagé. Elle a rappelé que cette priorité s’inscrit dans la vision portée par le président de la République, Romuald Wadagni, dont le crédo est de faire en sorte que chaque Béninois puisse « mieux vivre ». Pour elle, l’amélioration des conditions de vie passe nécessairement par une offre de santé accessible, disponible et de qualité.
638 urgences vitales prises en charge
Au cours de la visite, le directeur général du Cnhu-Hkm Dieudonné Gnonlonfoun a présenté le dispositif mis en place pour l’application de la mesure gouvernementale relative à la prise en charge des urgences vitales. Celle-ci repose notamment sur le principe de « soigner d’abord et facturer après », soutenu par une dotation destinée à renforcer les hôpitaux en médicaments, consommables et équipements. Selon les données présentées, 638 patients correspondant à de véritables situations d’urgences vitales ont été pris en charge au Cnhu-Hkm entre le début de la mesure, selon les services, et le 9 septembre 2026. La pédiatrie a enregistré 311 cas, contre 94 à la Cugo et 233 au niveau des grandes urgences.
Le montant à recouvrer pour ces prises en charge s’élève à plus de 45,1 millions de Fcfa. Au 9 septembre, le taux de recouvrement était de 35,71 %, laissant encore près de 29 millions de Fcfa à recouvrer. Une situation qui constitue l’une des principales préoccupations de l’administration hospitalière. Le dispositif concerne notamment les arrêts cardiaques, infarctus, détresses respiratoires, accidents vasculaires cérébraux, urgences obstétricales, pédiatriques et néonatales. Sa mise en œuvre nécessite des salles de déchocage, des moniteurs multiparamétriques, des respirateurs, des défibrillateurs, des chariots d’urgence ainsi que la disponibilité permanente des médicaments et consommables.
Des délais de prise en charge réduits
Au-delà des chiffres financiers, le directeur général du Cnhu-Hkm a mis en avant les résultats enregistrés sur le plan sanitaire. Le temps d’admission des patients en urgence vitale est passé d’environ 30 minutes à 10 minutes. L’administration des premiers soins, qui pouvait auparavant atteindre 45 minutes, se situe désormais entre 10 et 15 minutes. Cette accélération de la prise en charge s’accompagne, selon les données présentées, d’une baisse de la mortalité. Au cours des premières 24 heures, le taux de mortalité serait passé de 30 % à 15 %. En réanimation, la prise en charge globale, appliquée depuis 2023, aurait également contribué à une réduction de 20 % de la mortalité. Mais la réforme reste confrontée à plusieurs défis. Le Cnhu-Hkm fait notamment face à des difficultés de recouvrement des sommes engagées, mais aussi à une insuffisance de ressources humaines dans certains services. La surcharge de travail et l’allongement du temps de garde figurent également parmi les préoccupations soulevées par les responsables. Pour Rosine Dagniho, la visite ne saurait donc être une simple démarche protocolaire. « Cette visite n’est donc pas une simple visite de courtoisie. Elle se veut avant tout un moment d’écoute et de recherche de solutions », a-t-elle souligné. En parcourant les services, en échangeant avec les professionnels et en recueillant le témoignage d’une bénéficiaire, la ministre conseillère a ainsi voulu confronter les orientations gouvernementales aux réalités du terrain. Elle a salué l’engagement du personnel du Cnhu-Hkm et assuré que les préoccupations relevées seront portées au niveau approprié.
L’enjeu demeure désormais de consolider la réforme des urgences vitales, de renforcer les capacités des établissements sanitaires et de maintenir une prise en charge rapide des patients, conformément à l’objectif affiché d’un système de santé plus accessible, plus réactif et davantage centré sur le patient.

















