Le déficit budgétaire global des États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) s’est creusé au premier semestre 2026. Selon le rapport sur la Politique monétaire dans l’Umoa publié le 16 septembre par la Bceao, le déficit est passé de 2 355,3 milliards de francs Cfa à 2 492,9 milliards, soit 3,4% du Pib contre 3,2% un an plus tôt.
La situation des finances publiques constitue l’un des principaux points à retenir du rapport. Sur l’ensemble de l’année 2026, le déficit budgétaire de l’Union devrait atteindre 3,5% du Pib, contre 3,2% en 2025. La BCEAO prévoit toutefois une amélioration en 2027, avec un déficit ramené à 3,1% du PIB. Cette dégradation temporaire serait notamment liée aux mesures prises par certains États pour limiter les effets socio-économiques de la crise au Moyen-Orient. Malgré cette pression sur les finances publiques, les échanges extérieurs de l’Union ont enregistré une évolution favorable au deuxième trimestre 2026. Le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire à 2 483,6 milliards de francs Cfa, contre 1 787,5 milliards sur la même période de 2025. Il s’agit d’une amélioration de 696,1 milliards. Cette progression s’explique principalement par la réduction du déficit des transactions courantes. Celui-ci est revenu à 0,4% du PIB, contre 2,5% un an auparavant. En revanche, les entrées nettes de ressources au titre du compte financier ont diminué de 24,6% sur un an. Le rapport relève également une détente des conditions monétaires au deuxième trimestre. L’amélioration de la liquidité bancaire, soutenue notamment par la situation extérieure, ainsi que la baisse de 25 points de base des taux directeurs décidée en mars 2026 ont contribué à cette évolution. Sur le marché interbancaire, le taux d’intérêt moyen pondéré toutes maturités confondues a diminué de 51 points de base pour s’établir à 4%. Le taux débiteur moyen appliqué aux nouveaux crédits s’est, pour sa part, établi à 6,67%, contre 6,70% au trimestre précédent. La détente a également concerné le marché régional des titres publics. Les taux de sortie des bons ont reculé de 51 points de base au deuxième trimestre, tandis que les conditions de financement obligataire sont restées favorables pour la majorité des États.
La masse monétaire progresse de 20,9%
À fin juin 2026, la masse monétaire de l’Union s’est établie à 11 421,1 milliards de francs Cfa, en hausse de 20,9% sur un an, après une progression de 18,1% au trimestre précédent. Cette évolution est principalement liée à la forte augmentation des actifs extérieurs nets, en hausse de 115,1% pour atteindre 9 579,5 milliards. Les créances intérieures ont également progressé de 4,8%, à 3 022,9 milliards. Les crédits accordés au secteur privé ont, eux, augmenté de 6,6%, notamment grâce à la progression des crédits aux sociétés non financières. Sur le marché boursier régional, l’activité s’est également renforcée. L’indice BRVM Composite a progressé de 11% au deuxième trimestre, tandis que la capitalisation boursière globale a augmenté de 7,2% sur la période et de 30,9% sur un an à fin juin. Pour les perspectives, la Bceao table sur une croissance économique de 6,1% en 2026 et de 6,2% en 2027, après 6,5% en 2025. Cette dynamique devrait être soutenue par les industries extractives et manufacturières, le commerce, les services et les perspectives favorables de la campagne agricole 2026/2027. Le rapport souligne toutefois plusieurs facteurs de risque, notamment l’évolution de la conjoncture internationale, la situation socio-politique et sécuritaire dans les États membres ainsi que les effets du changement climatique. Sur le front de la dette, le ratio d’endettement public de l’Union devrait rester quasiment stable en 2026, à 63,6% du Pib contre 63,3% en 2025, avant de revenir à 60,8% en 2027. Enfin, l’excédent de la balance des paiements devrait se réduire à 3 427,3 milliards de francs Cfa en 2026 puis à 1 523,1 milliards en 2027, contre 7 027,6 milliards en 2025. Cette baisse serait notamment liée à la dégradation des termes de l’échange, attendue à -2,3% en 2026 et -7,5% en 2027.
L.A.




















