Les députés de la 10eme législature de l’Assemblée nationale participent, depuis ce lundi 6 juillet 2026, à un séminaire d’appropriation du projet de loi portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin. Organisée par la Commission du Plan, de l’Équipement et de la Production avec l’appui du ministère du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, cette rencontre vise à permettre aux parlementaires de mieux comprendre les enjeux d’une réforme destinée à moderniser le cadre juridique de protection des ressources forestières et fauniques.
À l’ouverture des travaux, le président de la Commission du Plan, de l’Équipement et de la Production, Amavi Joseph Anani, a souligné que la loi n°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime des forêts a montré ses limites après plus de trois décennies d’application. Selon lui, le séminaire permettra aux députés de maîtriser les innovations du futur Code afin d’apporter des contributions pertinentes lors de son examen en commission et en séance plénière. Il a également salué l’engagement du président de l’Assemblée nationale ainsi que l’appui technique et financier du ministère du Cadre de vie, estimant que cette collaboration offre aux parlementaires les meilleures conditions pour apprécier cette réforme.
Des forêts sous forte pression
Représentant le ministre du Cadre de vie, le directeur de cabinet a dressé un tableau préoccupant de l’état des ressources forestières du pays. Il a indiqué que, selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Bénin perd chaque année près de 60 000 hectares de forêts, soit plus de 0,5 % de son territoire national. Si cette tendance se poursuit, les projections annoncent la disparition des forêts naturelles denses à l’horizon 2081. Face à cette situation, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’un cadre juridique plus moderne, capable de lutter efficacement contre l’exploitation illégale des ressources, la criminalité environnementale et les effets du changement climatique.
Un nouveau Code aux ambitions renforcées
Le projet de loi prévoit notamment un renforcement des sanctions contre les infractions forestières et fauniques, une meilleure implication des communautés locales dans la gestion durable des ressources naturelles ainsi que la création de mécanismes financiers destinés à soutenir le développement des filières forestières et fauniques. Selon le représentant du ministère, cette réforme dépasse une simple actualisation législative. Elle constitue un levier pour préserver la biodiversité, restaurer les écosystèmes et garantir un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.
Un appel à la responsabilité collective
Dans son discours d’ouverture du séminaire, le président de l’Assemblée nationale Joseph Djogbénou a rappelé que « la forêt nourrit, soigne et protège », tout en avertissant qu’elle est aujourd’hui gravement menacée. Il a appelé les députés à examiner le projet de loi avec responsabilité afin de doter le Bénin d’un instrument juridique capable de préserver durablement son patrimoine forestier et faunique. Les travaux, prévus sur deux jours, permettront aux parlementaires d’approfondir les principales innovations du texte avant son examen prochain en séance plénière.
Léonce Adjévi

















