La tension monte entre les conducteurs de taxi-moto de Bohicon et ceux de Za-Kpota. La raison : l’utilisation jugée frauduleuse de l’uniforme des Zémidjan de Bohicon par leurs homologues de Za-Kpota. Face à ce différend persistant, le maire de Bohicon, Rufino d’Almeida, brandit désormais la menace d’une interdiction de circulation pour les contrevenants.
Depuis plusieurs mois, les conducteurs de Za-Kpota ont adopté un uniforme quasi identique à celui de Bohicon : même couleur violette, agrémentée d’une simple bande rose claire sur l’épaule. Une ressemblance troublante qui, selon les Zémidjan de Bohicon, brouille les repères des clients et nuit à leur réputation. « Quand un conducteur de Za-Kpota commet une faute, c’est à nous qu’on l’impute. Les clients ne font plus la différence », déplore Emmanuel Tchéhoundjè, président du collectif des Zémidjan de Bohicon. Exaspéré par l’inaction des autorités de Za-Kpota, le maire de Bohicon, Rufino d’Almeida, promet des mesures radicales : « Bohicon et Za-Kpota sont frères, mais nous avons nos propres signes distinctifs. Nos tenues ne sont pas les mêmes, et cela doit rester ainsi. Si les conducteurs de Za-Kpota persistent à porter notre uniforme, je n’aurai d’autre choix que de leur interdire l’accès à notre ville.» Malgré plusieurs tentatives de dialogue avec le maire de Za-Kpota et le préfet du Zou, la situation reste bloquée. « Ils font la sourde oreille», regrette l’édile de Bohicon.
Mobilisation et appel à l’apaisement
Du côté des Zémidjan de Bohicon, la colère grandit. Paulin Vissoukpo, vétéran du métier, lance un appel : « Bohicon n’a jamais changé d’uniforme. Que Za-Kpota revienne à l’ancien ! » Emmanuel Tchéhoundjè, quant à lui, exhorte les autorités à agir avant que la situation ne dégénère : « Si rien n’est fait, nous risquons de basculer dans un scénario que personne ne souhaite.» Alors que la tension persiste, la balle est désormais dans le camp des autorités locales. Sauront-elles trouver une issue avant que le conflit ne prenne une tournure plus grave ?
Zéphirin Toasségntché (Br Zou-Collines)
















