À la Cour de Répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), le ministère public a requis, ce lundi 16 mars 2026, une peine de 60 mois d’emprisonnement dont 8 mois fermes à l’encontre d’un ancien greffier en chef du tribunal de Parakou et de son assistant. Les deux hommes sont poursuivis pour des faits présumés d’abus de fonction. Ils sont soupçonnés d’avoir perçu, à plusieurs reprises, de l’argent auprès d’usagers de la juridiction en contrepartie de services rendus. Devant la Cour, les mis en cause ont rejeté les accusations et plaidé non coupables.
Selon les éléments du dossier présentés à l’audience par le substitut du procureur, l’affaire trouve son origine dans plusieurs dénonciations de tiers. Ces derniers affirment que le greffier et son adjoint recevaient de l’argent de justiciables qu’ils auraient aidés dans le traitement de certains dossiers. L’un des faits évoqués indique qu’une connaissance du greffier aurait remis une somme d’argent à l’assistant après avoir été accompagnée à la gare pour rejoindre le sud du pays. Le ministère public soutient que l’assistant remettait régulièrement à son supérieur des fonds issus d’activités jugées contraires à leurs fonctions, et que le greffier en aurait également tiré profit. Dans ce dossier, la comptable du tribunal de Parakou a également été citée. Selon l’accusation, elle aurait procédé au versement au Trésor public des sommes reçues. À l’issue des débats, le ministère public a requis la relaxe pure et simple de la comptable, poursuivie sans mandat de dépôt. Pour d’autres personnes mentionnées dans la procédure, la relaxe au bénéfice du doute a également été demandée. En revanche, le procureur a sollicité que l’ancien greffier soit reconnu coupable d’abus de fonction et son assistant de complicité d’abus de fonction. Le parquet a ainsi requis contre les deux prévenus une peine de 60 mois de prison dont 8 mois fermes, assortie d’une amende de 500 000 francs Cfa chacun. De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leurs clients, évoquant des zones d’ombre dans le dossier. Ils ont également rappelé les longues années de service du greffier, détenu depuis 2025, ainsi que sa bonne moralité. La décision de la Cour est attendue pour le 27 avril 2026.

















