Suite au décès de Sefou Fagbohoun, survenu le samedi 22 août 2026, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, salue la mémoire d’une personnalité politique béninoise de premier plan. Dans son hommage, il revient sur le parcours et l’engagement de l’illustre disparu, dont la disparition laisse un vide dans la classe politique nationale. Lire son message.
Message
Il est des hommes dont le départ laisse un vide dans une famille, dans une communauté, dans une génération. Il est aussi des hommes dont l’empreinte dépasse leur propre existence et continue de vivre à travers celles et ceux qu’ils ont inspirés, accompagnés et aidés à grandir. Pour moi, Séfou Fagbohoun aura été de ceux-là. La nouvelle de sa disparition m’attriste profondément. Je ne peux évoquer mon parcours politique sans penser à celui qui, en 2003, m’a accordé sa confiance et m’a porté sur la liste des candidats aux élections législatives. Ce geste, qui pouvait alors paraître comme une simple décision politique, a profondément marqué le cours de ma vie publique.
Je lui dois cette première chance.
Je lui dois cette confiance initiale.
Et je n’oublierai jamais ce que cela représente.
Depuis, le chemin parcouru a été long : sept élections législatives, des responsabilités parlementaires, la présidence de l’Assemblée nationale et, aujourd’hui, l’honneur de continuer à servir notre Nation au Sénat. Mais au moment où je regarde ce chemin, je sais qu’il serait injuste d’en attribuer le mérite à moi seul. Derrière chaque parcours se trouvent des femmes et des hommes qui, à un moment décisif, ont cru en vous avant même que vous ne soyez vous-même certain de la route qui s’ouvrait devant vous.
Séfou Fagbohoun fut pour moi l’un de ces hommes. Je garde de lui le souvenir d’un patriarche, d’un homme politique de conviction, d’un homme d’influence, mais surtout celui d’un aîné qui a compté dans ma construction politique.
Notre dernière rencontre, en décembre 2025 à son domicile d’Adja-Ouèrè, demeure désormais pour moi un souvenir particulièrement précieux. Nous avions évoqué notre long parcours commun, avec cette simplicité et cette familiarité que donnent les années partagées. Je ne pouvais imaginer alors que ce moment deviendrait l’un de nos derniers échanges. Aujourd’hui, ma première pensée va à sa famille, à ses proches, à ses compagnons de lutte et à tous ceux qui, comme moi, ont reçu quelque chose de lui. Patriarche, votre disparition me rappelle plus que jamais que la reconnaissance ne doit jamais attendre la disparition de ceux à qui nous devons une part de ce que nous sommes. Je vous ai rendu hommage de votre vivant. Je continuerai de le faire maintenant que vous avez rejoint l’éternité. Que le Seigneur, dans sa miséricorde infinie, accueille votre âme et vous accorde le repos éternel.
Adieu, Patriarche.
Adieu, Mentor.
Merci pour la confiance.
Merci pour la main tendue.
Merci pour le chemin ouvert.
Que votre mémoire demeure.
Louis Gbèhounou Vlavonou,
Vice-président du Sénat de la République du Bénin


















