Dans le département du Couffo, précisément dans la Commune de Djakotomey, l’arrondissement de Gohomey abrite l’une des figures les plus emblématiques de la tradition médicale et spirituelle locale : sa Majesté Hounnon Tomahoué N’dédji Rigobert Hountongbé Dandoga, tradithérapeute, chef spirituel et gardien d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.
Âgé de 74 ans, père de 103 enfants et époux de 53 femmes, il est reconnu dans sa communauté comme un homme de grande spiritualité et un détenteur de connaissances profondes sur l’usage des plantes médicinales.
Un parcours façonné par l’héritage ancestral
Né à Dandogahoué, un village aux traditions solidement enracinées, sa Majesté Dandoga affirme avoir été initié très tôt à l’art des plantes médicinales. Selon son entourage, dès l’âge de 6 ans, il accompagne déjà les anciens dans les rituels, la recherche de plantes rares et l’apprentissage des secrets thérapeutiques. D’après les témoignages recueillis dans sa communauté, il aurait apporté assistance à plus de 1 500 personnes au cours de sa vie de praticien, participé à 168 accouchements difficiles grâce à ses préparations traditionnelles, et remis des fétiches de protection à plus de 118 personnes, dans le respect des rites de sa tradition. Les prénoms de sa Majesté Dandoga occupent une place importante dans sa destinée. Selon lui et selon les sages de sa contrée : Tomahoué renvoie à « celui qui porte la lumière devant les hommes ». N’dédji serait attribué à l’enfant « promis aux ancêtres pour servir la communauté ». Hountongbé évoque « la maison du pouvoir spirituel ». Dandoga, patronyme du lignage, symbolise « le clan des protecteurs ». Ces noms, toujours selon la tradition locale, détermineraient sa vocation de guérisseur et de guide spirituel.
Il guérit plus
de 70 maladies
Sa Majesté Dandoga affirme privilégier la collaboration avec les agents de santé modernes. Lorsqu’il reçoit un malade dont le cas dépasse le cadre de ses compétences traditionnelles, il dit orienter ce dernier vers les centres de santé. Pour lui, « la médecine moderne et la médecine traditionnelle ne doivent pas s’opposer. L’une soigne le corps avec la science, et l’autre apaise l’être avec les plantes et la spiritualité ». Il affirme également maintenir un dialogue respectueux avec les agents de santé de la zone, notamment dans les situations nécessitant une coordination pour le bien-être des patients. À 74 ans, sa Majesté Hounnon Tomahoué N’dédji Rigobert Hountongbé Dandoga demeure une référence dans son village et au-delà. Son influence culturelle et spirituelle contribue à préserver un patrimoine thérapeutique ancestral tout en ouvrant la porte à un dialogue avec les méthodes médicales contemporaines.
Jean-Eudes Chicha (Br Mono-Couffo)




















