Venu rendre compte, le gouvernement a aussi dû écouter. Porté par son maire, le plaidoyer local a transformé la séance en dialogue sur le développement de la commune.
La redevabilité fonctionne dans les deux sens. Venu à Glazoué rendre compte de l’action gouvernementale, l’exécutif a aussi dû tendre l’oreille. Dimanche, la commune des Collines n’a pas manqué l’occasion de faire remonter ses attentes jusqu’aux représentants de l’État central. C’est le maire Agbaka qui a joué les porte-voix. Tout en saluant une démarche « qui rapproche l’action publique des réalités locales », il n’a pas éludé les difficultés. Des progrès sont visibles, a-t-il reconnu, mais des chantiers majeurs restent ouverts : l’accès à l’eau potable, l’extension du réseau électrique, le désenclavement des zones rurales.
Trois urgences qui résument le quotidien d’une commune de l’arrière-pays. L’eau, dont l’accès reste inégal et conditionne autant la santé que l’activité économique. L’électricité, dont l’extension du réseau reste un préalable au développement local. Le désenclavement, sans lequel les zones rurales restent coupées des marchés et des services.
En portant ces doléances devant le ministre, le maire a opéré un glissement notable : la séance de redevabilité est devenue un dialogue sur le développement. Il ne s’agissait plus seulement, pour l’État, d’énumérer ses réalisations, mais de recevoir en retour les demandes des populations.
La phase d’échanges a confirmé cette dynamique. Au-delà des infrastructures, les habitants ont interpellé le gouvernement sur des sujets sensibles : la prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées, la situation de certains agents, le sort des exilés dits politiques, les branchements sociaux. Autant de questions qui débordent le cadre des annonces gouvernementales. Face à ces attentes, le ministre Houngbédji a répondu sans esquive, assurant que le nouveau gouvernement « ne fera pas moins que les progrès réalisés sous le Président Talon ». Une manière de rassurer sans trop promettre. Le vrai enjeu se jouera dans l’après. Une séance de redevabilité ne vaut que par les suites qu’elle appelle. En prenant acte des urgences de Glazoué, eau, électricité, désenclavement, l’État s’est implicitement engagé à y revenir. Les populations, elles, retiendront les promesses et attendront les actes.
Abdourhamane Touré


















