À Cotonou, hier jeudi 9 juillet 2026, les membres du collectif « Les Patronnes » ont lancé la deuxième édition de leur initiative. À travers une table ronde axée sur l’autonomisation, ce mouvement porté par des femmes leaders entend mettre en lumière les commerçantes béninoises, moteurs essentiels de l’économie locale.

Le ton est donné pour la valorisation de l’économie populaire à Cotonou. La conférence inaugurale, placée sous le thème « Femmes, créativité et empowerment », a rassemblé un panel diversifié d’entrepreneures et de professionnelles engagées. Ce rendez-vous a permis de croiser des parcours inspirants afin de jeter les projecteurs sur les commerçantes qui animent quotidiennement les marchés locaux. Au-delà des discussions, l’événement a rappelé l’ambition première du collectif : mettre ses réseaux et ses compétences au service de celles qui portent l’économie informelle. À la genèse de ce projet se trouve Georgiana Viou, cheffe béninoise étoilée en France. Née à Cotonou, elle souhaite utiliser sa notoriété internationale pour redéfinir la place de ces travailleuses dans le récit national. « Les Patronnes a pour but de remettre au cœur du récit les femmes des marchés », explique la promotrice. À l’en croire, ces dernières représentent le poumon de l’économie, réveillant la ville le matin et la fermant le soir.
Un collectif dynamique en place
Pour mener à bien cette mission, la cheffe s’entoure d’un collectif dynamique composé notamment de Karel Villerme, Camille Omon et Brigitte Houssou. Ces professionnels collaborent bénévolement pour bâtir des passerelles solides entre dirigeantes d’entreprises et vendeuses. Georgiana Viou précise d’ailleurs que le terme de « patronne » dépasse le cadre formel du commerce. Elle estime que, sur un étal ou dans une administration, toutes les femmes partagent des expériences majeures à transmettre pour créer des synergies.Cette deuxième édition s’inscrira dans la continuité d’un premier acte mené en mars dernier au marché Ganhi. Gladys Bueme, commerçante sur place, confirme l’impact direct de cette expérience pilote qui a attiré une nouvelle clientèle. Elle insiste également sur la nécessité de transformer le regard de la société sur son métier, rappelant que les vendeuses sont des entrepreneures à part entière. Évoluer vers cette reconnaissance sociale reste le cœur du combat des organisateurs. « Les femmes des marchés n’ont pas besoin qu’on parle à leur place. Elles ont simplement besoin qu’on leur prête un micro », résume la cheffe étoilée.
Rendez-vous au au marché Pk3 de Cotonou
Le prochain grand rendez-vous est fixé au 11 juillet 2026 au marché Pk3 de Cotonou. Cet espace, réputé pour sa friperie, accueillera une exposition photographique, un défilé de mode et des ateliers gastronomiques, tout en rendant un hommage appuyé aux historiques « Nana Benz ». Présente lors des débats, la chef d’entreprise Brigitte Houssou rappelle que ce projet relève aussi d’un devoir de mémoire envers les mères et grands-mères qui ont posé les fondations de l’entrepreneuriat moderne. À terme, le collectif prévoit d’accompagner ces commerçantes vers une plus grande professionnalisation en facilitant leur accès aux formations et aux financements.


















