Trois jours après l’effondrement dramatique d’une galerie d’orpaillage à Koussigou Montagne, la situation sur le terrain suscite de vives inquiétudes. Malgré la gravité des faits et les pertes humaines redoutées, les activités d’extraction se poursuivent, dans un climat d’apparente indifférence.
Face à cette tragédie, une délégation administrative et judiciaire conduite par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Natitingou s’est rendue sur les lieux. Elle était composée également de la Directrice de la fonction publique de l’Atacora, du Directeur départemental de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, ainsi que du représentant du Directeur départemental des Affaires sociales. Cette descente visait à constater l’ampleur des dégâts, évaluer la situation sécuritaire et apprécier les mesures urgentes à envisager.
Un site toujours en activité malgré le drame
Le constat dressé par la délégation est préoccupant. L’exploitation artisanale de l’or se poursuit sans interruption notable, dans des conditions rudimentaires et dangereuses. Les orpailleurs illégaux continuent d’exploiter le site à l’aide de moyens précaires, exposant quotidiennement leur vie à de graves risques. Cette reprise quasi immédiate des activités, en dépit du drame survenu quelques jours plus tôt, met en évidence l’ampleur du phénomène et la difficulté à contenir l’exploitation clandestine.
Des pertes humaines redoutées, mais aucune confirmation officielle
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, plus d’une trentaine de personnes seraient encore portées disparues, vraisemblablement ensevelies sous les décombres de la galerie effondrée. À ce jour, aucun corps n’a été repêché et les opérations de recherche ont été suspendues, faute de moyens adaptés et en raison de la profondeur de l’effondrement. Cette situation alimente un profond sentiment d’impuissance et d’inquiétude au sein des populations locales.
Des instructions fermes pour sécuriser la zone
À l’issue de la visite, le procureur de la République a donné des instructions au commissaire territorialement compétent en vue de sécuriser le site. L’objectif est de prévenir tout nouvel accident et de faire respecter les dispositions légales en vigueur. Cette décision s’inscrit dans une volonté de rétablir l’autorité de l’État sur un site devenu particulièrement sensible.
Un site au cœur d’un conflit entre exploitation légale et activités clandestines
Il convient de rappeler que le site de Koussigou Montagne fait désormais l’objet d’une exploitation légale, à la suite d’une convention signée entre l’État béninois et une société chinoise. Toutefois, cette formalisation se heurte à la présence persistante d’exploitants illégaux, qui refusent de libérer les lieux. Malgré les ultimatums lancés par les autorités locales, notamment le maire de la commune de Natitingou et le préfet de l’Atacora, les occupants clandestins continuent d’affluer sur le site, attirés par les perspectives de gains rapides.
Des efforts de sensibilisation restés sans effet
La direction départementale des mines a, à plusieurs reprises, engagé des actions de sensibilisation en vue d’un départ volontaire et pacifique des orpailleurs illégaux. Ces initiatives n’ont toutefois pas permis d’inverser la tendance. Au contraire, la population sur le site ne cesse d’augmenter, aggravant les risques.
Une urgence d’agir pour prévenir de nouveaux drames
La situation actuelle met en évidence les limites des approches exclusivement pédagogiques face à un phénomène à forte dimension socio-économique. Elle interpelle sur la nécessité d’une action plus ferme pour garantir la sécurité des personnes et préserver l’ordre public. À Koussigou Montagne, les conditions restent réunies pour la survenue de nouveaux accidents. Sans une intervention efficace et coordonnée des autorités, le risque de catastrophes encore plus graves demeure élevé. L’application rigoureuse de la loi apparaît désormais comme une exigence incontournable.
Géraud Adoukonou (Br Atacora Donga)

















