Ce jour lundi 5 janvier 2026, les projecteurs du continent africain seront braqués sur une affiche qui fleure bon l’héroïsme et la tension : le huitième de finale opposant les Pharaons d’Égypte aux Guépards du Bénin. Pour le Bénin, ce n’est pas qu’un simple match de football ; c’est un rendez-vous avec l’histoire, un carrefour entre les leçons douloureuses du passé et les rêves de grandeur.
Pour les puristes, ce duel réveille des souvenirs contrastés. Il y a d’abord ce « fantôme de 2010 ». À Benguela, en Angola, les Écureuils d’alors s’étaient inclinés (2-0) face à une Égypte au sommet de son art. Seize ans plus tard, le nom a changé, les visages aussi, mais le prestige de l’adversaire reste intact. Pourtant, si l’Égypte impose le respect, elle ne doit plus susciter la crainte. Car dans l’esprit des supporters béninois plane surtout « l’ombre de 2019 ». Tout le monde se rappelle ce 5 juillet au Caire, où le Bénin, en infériorité numérique (Carton rouge de Stéphane Sessegnon), avait terrassé le Maroc en huitièmes de finale. Ce jour-là, les outsiders avaient prouvé que le cœur pouvait battre le talent pur. C’est cet Adn de « tueur de géants » que les Guépards doivent réactiver à Agadir. Sur papier, le défi semble immense. L’Égypte de Mohamed Salah, leader solide de son groupe, arrive avec la confiance d’un septuple champion. Face à eux, le bloc de Gernot Rohr devra retrouver sa discipline de fer. Après une victoire historique contre le Botswana qui a libéré le pays, les Guépards ont montré qu’ils savaient gagner en phase finale. Mais pour renverser l’ogre égyptien, il faudra plus qu’une simple organisation : il faudra une résilience de chaque instant.
L’impératif du sursaut : Laver l’affront de Tanger
Mais au-delà de la tactique et de l’histoire, ce match se jouera dans les têtes. Pour espérer voir les quarts de finale, les Guépards ont une dette envers eux-mêmes et envers leur public. La lourde défaite concédée face au Sénégal (3-0) lors du dernier match de poule a laissé des traces. Elle a rappelé cruellement l’écart qui sépare encore le Bénin du très haut niveau quand l’intensité baisse. L’heure n’est plus aux calculs. Pour venir à bout de cette Égypte, les coéquipiers de Steve Mounié et Yohan Roche doivent impérativement avoir un sursaut d’orgueil. Il ne s’agit plus seulement de jouer un huitième de finale, mais d’honorer les couleurs du drapeau. Ce match est l’occasion rêvée de prouver que le revers face aux Lions de la Teranga n’était qu’un accident de parcours, une chute nécessaire pour mieux rebondir. La patrie attend de ses Guépards une volonté féroce, une rage de vaincre qui transcende les schémas tactiques. Face aux Pharaons, le Bénin devra jouer avec l’âme d’un pays qui n’a plus peur de rêver grand. À Agadir, l’histoire attend d’être réécrite. Egypte – Bénin, c’est à 17 heures de ce jour lundi 5 janvier 2026.
Karol B. Sékou (Coll)




















