Réunis le mercredi 22 juillet 2026, les membres du Conseil économique et social (Ces) ont porté leur choix sur l’ancien ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané pour présider aux destinées de l’institution au cours de cette nouvelle mandature. Une élection qui, au-delà de son aspect institutionnel, est à forte portée politique tant elle apparaît comme la consécration d’un parcours marqué par la fidélité au pouvoir en place.
Figure emblématique de la majorité présidentielle depuis plus d’une décennie, Abdoulaye Bio Tchané est devenu, au fil des années, l’un des plus fidèles soutiens du régime initié par Patrice Talon. Ministre d’État chargé du Développement durant dix années, il a œuvré dans la mise en œuvre des grandes réformes économiques, politiques et administratives avant de quitter le gouvernement avec l’installation de la nouvelle équipe dirigée par le président Romuald Wadagni. Son arrivée à la tête du Conseil économique et social apparaît ainsi comme la reconnaissance d’une loyauté politique très ouverte. Sa désignation par le président de la République, Romuald Wadagni est également perçue comme une manière de corriger un déséquilibre au sein de la majorité présidentielle. Alors que Joseph Djogbénou, président de la Haute direction politique de l’Union progressiste le Renouveau, préside désormais l’Assemblée nationale, autre grande institution de la République, le Bloc républicain, dont Abdoulaye Bio Tchané est le leader, se voyait privé d’une responsabilité institutionnelle de premier plan après son départ de l’Exécutif. En confiant les rênes du Conseil économique et social à l’ancien ministre d’État, Romuald Wadagni rétablit ainsi un certain équilibre entre les deux grandes figures de la mouvance présidentielle tout en offrant un nouveau point de chute à un homme fort. Au-delà de cela, cette nomination traduit la méthode de gouvernance du nouveau chef de l’État. Deux mois après son investiture, Romuald Wadagni affiche sa volonté de s’appuyer sur les responsables politiques expérimentés qui ont contribué à son élection. Le nouveau président privilégie la continuité en maintenant dans les cercles de décision des personnalités dont il connaît les compétences et la fidélité, car ayant servi ensemble sous Patrice Talon. Les nominations passées le prouvent à suffisance. Plusieurs anciens caciques du régime précédent ont été rappelés aux affaires, que ce soit au sein du gouvernement, dans les cabinets présidentiels comme conseillers spéciaux, au Sénat ou encore à la tête d’autres institutions. Une stratégie qui consiste à user des compétences et des expériences des anciens tout en préservant la stabilité de la majorité présidentielle. Avec l’élection d’Abdoulaye Bio Tchané à la présidence du Conseil économique et social, Romuald Wadagni envoie donc un message politique clair. Dans la nouvelle architecture du pouvoir, la fidélité et la loyauté vis-à-vis de la mouvance demeurent des critères déterminants dans l’attribution des plus hautes responsabilités de l’État. Romuald Wadagni ne veut pas se séparer des hommes qui ont accompagné son mentor, Patrice Talon. A tout cela s’ajoute l’expérience dans la conduite des affaires publiques.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)

















