Dans la perspective des élections générales de 2026 au Bénin, une délégation de la Commission électorale nationale autonome (Céna) a effectué, mercredi 9 juillet 2025, une visite de terrain à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz). Objectif : explorer les capacités locales de production, notamment en vue de la confection des équipements électoraux.

Conduite par Laurentine Adossou Davo, rapporteur du Conseil électoral de la Commission électorale nationale autonome (Céna), la délégation a été accueillie par Létondji Béhéton, directeur général de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (Sipi-Bénin), société en charge de la gestion de la Zone. Lors d’une présentation introductive, le directeur général de la Sipi-Bénin, Létondji Béhéton, est revenu sur la genèse et l’évolution de la Gdiz. Il a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision du président de la République, Patrice Talon, qui, dès 2016, a engagé le pays dans une politique de transformation structurelle de l’économie, misant sur l’agriculture, le tourisme et l’industrie. Adoptée en 2017, la loi sur les Zones économiques spéciales a permis la création de la Gdiz en 2020, en partenariat avec le groupe Arise. La première phase de 400 hectares a été réalisée en seulement 16 mois, sur les 1 640 hectares prévus. Aujourd’hui, une trentaine d’investisseurs y sont installés ou en cours d’installation, dans des secteurs variés : textile, agro-industrie, cosmétique, céramique, etc. Grâce à ses infrastructures modernes (port sec, guichet unique, terminal à conteneurs, pipeline gazier en cours de construction), la zone contribue à la création de valeur ajoutée locale à partir des ressources du pays comme le coton, la noix de cajou, le soja ou encore le karité. Elle a déjà permis la création de plus de 20 000 emplois directs et en vise 300 000 d’ici 2030. « D’ici la fin de cette année, si tout va bien, nous allons atteindre la marque des 40 000 emplois. Et d’ici 2030, on prévoit à peu près 300 000 emplois directs dans la zone. En termes d’impact sur notre économie, l’impact sur les exportations et le Produit intérieur brut, nous allons connaître une augmentation des exportations de 5 à 10 milliards de dollars dans les dix prochaines années. Une augmentation de notre Produit intérieur brut de 4 à 7 milliards de dollars d’ici 2030 », a-t-il déclaré.
La Céna veut miser sur le « Made in Benin »
Une visite guidée a ensuite permis à la Céna de découvrir plusieurs unités de production déjà opérationnelles, notamment Bénin Textile (Btex), Kaju Bénin Cashew Sa, Benin Agri Business, entre autres. Au terme de la visite, la délégation a exprimé sa satisfaction. Selon Laurentine Adossou Davo, cheffe de la délégation, cette visite s’inscrit dans une volonté affirmée de la Céna de se tourner vers les solutions locales pour les besoins logistiques liés aux élections, notamment la confection des tenues électorales. « La Céna a l’habitude de faire des commandes à l’extérieur. Mais cette fois-ci, nous avons décidé de consommer local. […] Nous voulons voir des tissus qui pourraient vraiment répondre à la discrétion et à la transparence dans la mise en place des isoloirs », a-t-elle déclaré. Elle s’est dite impressionnée par l’ampleur du site, la qualité des infrastructures et le dynamisme des travailleurs. « Ce que j’ai vu ce matin est inédit. Ce n’est pas une simple révolution industrielle, mais un signal fort de la volonté du gouvernement de hisser notre pays au rang des nations productrices de valeur », a-t-elle déclaré
Confirmation de l’intention de commander à la Gdiz
Interrogé sur les intentions réelles de la Céna, Sanni Gounou, membre du Conseil électoral, a été formel. « Si on n’avait pas eu cette intention, on ne viendrait pas voir. Nous sommes venus confirmer les échanges déjà engagés avec la direction de la Gdiz. Nous sommes convaincus que la commande sera faite ici, il n’y a pas de doute », a-t-il rassuré. Au-delà des aspects électoraux, Sanni Gounou, également entrepreneur agricole, a salué la transformation industrielle observée sur place et a lancé un appel à la mobilisation nationale en faveur de la production locale. « Ce que j’ai vu ici dépasse le concept de zone industrielle. Pour moi, c’est une vraie ville industrielle », a-t-il laissé entendre. François Abiola, un autre membre du Conseil électoral, a également salué la visite, notant qu’elle permet de dissiper de nombreuses idées reçues : « Je ne vais pas repartir d’ici tel que je suis venu parce qu’on a tellement entendu des intoxications par rapport à ce lieu. On en a entendu beaucoup et aujourd’hui c’est une fierté. C’est une fierté pour moi personnellement. Je disais à Létondji Béhéton tout à l’heure dans la voiture que si le président Houphouët Boigny pouvait revenir pour voir ça, il allait dire que j’ai fait une prophétie et ça s’est réalisé au Bénin », a déclaré le conseiller. À l’issue de la visite, la délégation de la Céna s’est dite globalement satisfaite et a félicité les équipes de la Sipi-Bénin pour leur contribution au développement industriel du pays. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans la volonté du gouvernement de promouvoir le « Made in Benin » dans tous les secteurs.
Léonce Adjévi




















