Les créateurs de contenus s’engagent désormais aux côtés des acteurs de la lutte contre le paludisme. À la faveur d’un atelier organisé par Speak Up Africa, vendredi 31 juillet 2026 à Cotonou, plusieurs d’entre eux ont signé un protocole d’engagement en faveur de l’élimination du paludisme à l’horizon 2030.
En collaboration avec le Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), Speak Up Africa entend ainsi mobiliser un nouvel acteur dans la lutte contre cette maladie qui continue de faire des ravages malgré les efforts consentis. Première cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, le paludisme demeure un problème majeur de santé publique au Bénin. Selon les données présentées au cours de l’atelier, environ deux millions de cas sont enregistrés chaque année, pour près de 2 000 décès. Face à cette situation, la mobilisation de toutes les composantes de la société apparaît nécessaire pour que l’objectif d’élimination du paludisme à l’horizon 2030 ne reste pas un vœu pieux. Après avoir obtenu l’adhésion de plusieurs catégories d’acteurs, notamment les parlementaires, les leaders religieux et les sportifs, Speak Up Africa élargit désormais cette dynamique aux créateurs de contenus. Pour Franz Oké, conseiller régional à Speak Up Africa, cet engagement permettra aux créateurs de contenus d’amplifier les actions de plaidoyer, la mobilisation sociale et communautaire, ainsi que les initiatives en faveur d’un financement durable de la lutte contre le paludisme. « Des figures très connues de l’écosystème des créateurs de contenus prêteront désormais leurs réseaux, leurs plateformes et leurs voix pour amplifier les messages, mieux informer les populations et promouvoir les bonnes pratiques, y compris dans les langues locales », a-t-il expliqué. Il s’agit, selon lui, de mettre en place un réseau de « champions créateurs de contenus » engagés à contribuer aux efforts d’élimination du paludisme, notamment à travers la sensibilisation et la mobilisation communautaire. « Tous les maillons de la société pourront également compter sur la plateforme des créateurs de contenus afin que, dans une véritable approche multisectorielle, nous puissions pousser les initiatives et parvenir ensemble à l’élimination du paludisme d’ici à 2030 », a souligné Franz Oké. Le conseiller régional s’est réjoui de l’engagement concret pris par les créateurs de contenus, désormais disposés à travailler aux côtés du Programme national de lutte contre le paludisme. Il a, par ailleurs, réaffirmé la volonté de Speak Up Africa d’accompagner le Pnlp dans ses efforts. À l’issue des travaux, les créateurs de contenus ont présenté différentes pistes d’actions de communication. Celles-ci porteront notamment sur le traitement préventif intermittent, la sensibilisation à l’utilisation des moustiquaires, la mobilisation des élus locaux et des leaders communautaires, l’implication du secteur privé ainsi que la vaccination. « À travers leurs plateformes et leurs réseaux, ils pourront travailler sur différentes thématiques liées à la lutte contre le paludisme. Nous avons apprécié les propositions présentées. Les prochaines étapes consisteront à produire les contenus qui seront ensuite évalués et conjointement validés par le ministère de la Santé et Speak Up Africa avant leur diffusion sur les différentes plateformes », a précisé Franz Oké. Pour lui, cette initiative s’inscrit dans la durée. « C’est un travail de long terme que nous venons de commencer. Nous restons très enthousiastes à l’idée de voir ce que cette collaboration va produire dans l’effort conjoint pour l’élimination du paludisme », a-t-il ajouté.
Le Pnlp salue une initiative multisectorielle
Présent à la rencontre, le coordonnateur national du Programme national de lutte contre le paludisme au ministère de la Santé, Codjo Dandonougbo, s’est réjoui de cette initiative qui, selon lui, renforce la collaboration multisectorielle. « Aujourd’hui, il n’est plus un secret que les nouveaux moyens de communication constituent un outil essentiel du quotidien des Béninois et des citoyens à travers le monde. Associer les créateurs de contenus à la lutte contre le paludisme est donc une manière de renforcer la communication en faveur de son élimination et de contribuer à la mobilisation des ressources », a-t-il confié. Pour atteindre l’objectif fixé, Codjo Dandonougbo a invité les populations à prêter une attention particulière aux messages qui seront produits et diffusés par les créateurs de contenus et à appliquer les recommandations qui y seront formulées. Il a également saisi l’occasion pour rappeler que la saison actuelle est propice au développement des moustiques vecteurs du paludisme. « Le gouvernement a fait un grand effort, comme d’habitude, pour organiser la campagne nationale de distribution des moustiquaires », a-t-il rappelé. Le coordonnateur national du Pnlp a exhorté les populations à faire un bon usage des moustiquaires, à les entretenir régulièrement et à respecter les autres mesures de prévention. Il s’agit notamment de supprimer les habitats favorables à la prolifération des moustiques et de limiter leur accès aux habitations grâce à des barrières physiques au niveau des portes et fenêtres. En cas d’apparition des premiers symptômes malgré les mesures préventives, il recommande un recours rapide aux formations sanitaires pour une prise en charge appropriée. À noter qu’une communication stratégique sur le thème « Le paludisme au Bénin : situation, interventions prioritaires et enjeux du financement durable pour l’élimination d’ici 2030 » a également été présentée par Saka Amoussou du Pnlp.
Odi I. Aïtchédji



















