L’emploi des jeunes au Bénin demeure un défi majeur, malgré un niveau d’instruction plus élevé que celui des générations précédentes. Selon une enquête d’Afrobaromètre publiée en août 2026, plus de la moitié des jeunes béninois âgés de 18 à 35 ans, soit 51%, déclarent être sans emploi et à la recherche d’un travail.

L’étude met ainsi en évidence le paradoxe auquel fait face la jeunesse béninoise. Alors que 56% des jeunes ont atteint le niveau secondaire ou post-secondaire, contre 21% à 37% parmi les générations plus âgées, cet avantage éducatif ne garantit pas une insertion professionnelle plus facile. Selon Afrobaromètre, les jeunes identifient plusieurs obstacles à leur accès à l’emploi. Le manque de formation ou de préparation adéquate arrive en tête avec 29% des réponses. Il est suivi par la réticence de certains jeunes à exercer certains emplois, évoquée par 19% des personnes interrogées, et le manque d’expérience professionnelle exigée par les employeurs, cité par 17%. L’inadéquation entre les qualifications scolaires et les besoins du marché du travail constitue également un frein pour 12% des jeunes. Face à ces difficultés, une grande partie de la jeunesse semble se tourner vers l’entrepreneuriat.
L’entrepreneuriat, une aspiration forte
L’enquête révèle que 68% des jeunes béninois souhaiteraient créer leur propre entreprise s’ils avaient la possibilité de choisir leur secteur d’activité. À l’inverse, 18% préfèrent travailler dans la fonction publique. Le secteur privé attire 7% des jeunes, tandis que 6% privilégient un emploi au sein d’une organisation non gouvernementale. Pour soutenir la jeunesse, 40% des jeunes interrogés demandent en priorité davantage d’investissements dans la création d’emplois. La formation professionnelle arrive en deuxième position avec 23%, suivie du soutien sous forme de prêts pour la création d’entreprises, avec 21%. Le chômage figure d’ailleurs parmi les principaux problèmes auxquels le gouvernement devrait s’attaquer. Pourtant, seuls 29% des jeunes approuvent les performances des autorités en matière de création d’emplois. L’étude souligne toutefois que les jeunes portent une appréciation plus positive sur l’action gouvernementale dans d’autres secteurs. Ainsi, 67% saluent les efforts consacrés à l’amélioration des services de santé de base et 63% approuvent les performances liées à l’entretien des routes et des ponts.
Une jeunesse préoccupée par l’économie
Les résultats de l’enquête traduisent également un certain pessimisme. Environ 57% des jeunes qualifient la situation économique du pays de mauvaise, tandis que 58% jugent négativement leurs propres conditions de vie. Plus de la moitié, soit 54%, estiment que la situation économique s’est détériorée au cours des 12 mois précédents. Malgré ce constat, les jeunes restent relativement tournés vers l’avenir. Près d’un sur deux, soit 49%, espère une amélioration de la situation économique au cours des 12 prochains mois. L’enquête met aussi en lumière des inégalités dans l’accès à l’emploi. L’âge et le niveau d’éducation augmentent les chances d’être employé. Un niveau d’études post-secondaire accroît notamment cette probabilité de 27 points de pourcentage. En revanche, les jeunes femmes restent davantage exposées au chômage, particulièrement en milieu rural.
Il est à rappeler que le document de politique d’Afrobaromètre, publié en août 2026, s’appuie sur les données du Round 10 de l’enquête, réalisée en janvier 2024 auprès d’un échantillon représentatif de 1 200 adultes béninois.
L.A.


















