Plus de huit jeunes sur dix âgés de 15 à 24 ans dans le monde sont désormais connectés à Internet. Si le numérique offre de nombreuses possibilités d’apprentissage, d’expression et de participation citoyenne, il expose aussi les plus jeunes à de nouveaux dangers. Dans une note publiée à l’approche de la Journée internationale de la jeunesse, l’Organisation des Nations unies (Onu) appelle les États, les entreprises technologiques, les médias et les chercheurs à renforcer la protection des enfants face à la désinformation, au harcèlement en ligne et aux risques liés à l’intelligence artificielle (Ia).
La forte progression de l’accès à Internet chez les jeunes s’accompagne d’une multiplication des risques. Dans les pays à faible revenu, le taux de connexion des 15-24 ans est même près de deux fois supérieur à celui du reste de la population.
Selon l’Onu, cette génération hyperconnectée est particulièrement vulnérable aux menaces qui affectent l’intégrité de l’information. Désinformation, contenus générés par l’Ia, biais algorithmiques, cyberharcèlement et surveillance commerciale font partie des principaux dangers identifiés. L’organisation souligne que ces risques ne sont pas uniquement liés au comportement des utilisateurs. Ils découlent également de certains modèles économiques basés sur la monétisation de l’attention et des données personnelles. Des mécanismes comme les « dark patterns », les publicités comportementales, les coffres à butin ou encore les fonctionnalités destinées à prolonger le temps passé en ligne peuvent favoriser une utilisation compulsive des plateformes. Les enfants sont d’autant plus vulnérables que leur identité, leurs habitudes et leurs relations sociales sont encore en construction.
L’Ia, un nouveau défi pour la protection des enfants
L’essor rapide de l’intelligence artificielle vient renforcer les préoccupations de l’Onu. L’organisation estime que le développement de ces technologies progresse plus vite que les dispositifs destinés à encadrer leur utilisation.
L’Ia peut notamment faciliter la production et la diffusion de contenus trompeurs, mais aussi certaines formes d’exploitation en ligne. Face à ces risques, le Secrétaire général de l’Onu, António Guterres, avait appelé en juillet à renforcer la sécurité des enfants et à mettre en place une réglementation plus stricte.
Lors du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’Ia, il avait estimé qu’aucun enfant ne devait être exposé à une intelligence artificielle insuffisamment réglementée. Pour l’Onu, la responsabilité ne peut être entièrement renvoyée aux algorithmes lorsque des préjudices sont causés. L’organisation appelle ainsi les entreprises technologiques à intégrer la sécurité et les droits des enfants dès la conception de leurs produits et services.
Associer les jeunes aux solutions
L’Onu insiste toutefois sur un point. Les enfants et les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme des victimes du numérique. Ils sont également créateurs de contenus, journalistes, défenseurs de causes et acteurs de la vie citoyenne.
Les réseaux sociaux et les plateformes numériques leur permettent de participer au débat public et de porter des mouvements sociaux. Mais ces mêmes espaces peuvent les exposer au harcèlement, à la surveillance et à diverses formes d’intimidation, notamment les jeunes femmes, les militants et les membres de groupes minoritaires.
L’Onu plaide donc pour une plus grande participation des jeunes à la recherche et à l’élaboration des politiques destinées à lutter contre les menaces numériques. États, entreprises, annonceurs, médias et chercheurs sont appelés à prendre des mesures concrètes pour mieux protéger les enfants tout en favorisant leur participation au monde numérique.
Pour l’organisation, l’urgence est d’autant plus grande que la gouvernance de l’intelligence artificielle est encore en construction. Elle invite les États à renforcer les législations, les entreprises à privilégier la sécurité dès la conception, les annonceurs à respecter les droits des enfants et les chercheurs à combler les lacunes, notamment dans les pays du Sud.
L’Onu estime ainsi que le temps est venu de passer des principes aux actions concrètes afin de garantir un environnement numérique plus sûr pour les enfants et les jeunes.
Source: Onu

















