À Bohicon, l’Ong Levons-nous et bâtissons a lancé le vendredi 14 août 2026 la cinquième cohorte du projet Filles capables, femmes capables (Fica-Feca). Pendant huit mois, des jeunes femmes de 18 à 35 ans suivront un parcours immersif mêlant formation, entrepreneuriat et leadership, avec une ambition de transformer leur potentiel en compétences et leurs compétences en impacts durables pour la société béninoise.
L’Ong Levons-nous et bâtissons (Lnb) vient de mettre en formation la cinquième cohorte de Filles capables femmes capables (Fica-Feca), un projet né d’une réflexion sur l’héritage du 8 mars. Pour la Coordonnatrice, le déclic est venu d’une émission radio consacrée à l’histoire du 8 mars, journée acquise au prix de luttes et de sacrifices pour les droits des femmes. « Que faire pour rendre hommage aux pionnières et perpétuer cet héritage ? », s’est-elle interrogée. La réponse fut alors la création de Fica-Feca, porté par l’Ong Levons-nous et bâtissons. Selon Anne-Marie Gbènongbé, l’émancipation des femmes ne peut se réaliser qu’à travers deux piliers : la formation et l’autonomisation. Sans ces leviers, la lutte contre les violences et pour le respect des droits des femmes reste illusoire. Ainsi, elle a livré une formule marquante : « Le premier époux de la femme est son travail. » Un outil précieux qui lui permet de s’affirmer dans son foyer, de gagner en dignité et de contribuer pleinement au développement de sa communauté. A sa suite, le président de l’Ong, Dieudonné Agounkpé, a rappelé que « restaurer l’identité féminine, ce n’est pas enfermer la femme dans un rôle prédéfini, mais lui redonner la conscience de sa dignité et de sa responsabilité dans la construction de la société». Depuis 2018, Fica-Feca s’impose comme un levier de transformation sociale, révélant le leadership des jeunes femmes et leur rôle central dans le développement communautaire. Au-delà des discours, le président de l’Ong Lnb a lancé un appel pathétique à la mobilisation. A l’entendre, « Fica-Feca ne peut pas être uniquement l’affaire de l’Ong. Il doit devenir notre affaire à tous.» Transport, hébergement, repas, matériel de formation… chaque geste compte. « Un repas offert, une idée partagée ou une mise en relation est une graine », a-t-il insisté, invitant chacun à contribuer à l’éclosion d’une génération de femmes autonomes et engagées. Il a par la suite exhorté les participantes à ne pas être de simples bénéficiaires mais les premières actrices de leur propre transformation. Discipline, ponctualité et esprit d’initiative seront les clés de cette cohorte. « Une femme qui apprend en forme une autre. Une femme qui entreprend apporte des opportunités pour d’autres », a-t-il martelé, appelant à une véritable chaîne de solidarité et de transmission.
Investir dans l’humain, bâtir la société
Le parrain honoraire, le professeur Azizou Chabi Imorou, a salué la vision de l’Ong et encouragé les participantes à transformer leurs acquis en actions concrètes. « Une formation n’a de valeur que lorsqu’elle devient une action, une compétence atteint sa noblesse lorsqu’elle devient une force au service des autres », a-t-il affirmé, rappelant que l’investissement dans l’humain reste l’un des plus féconds pour bâtir une société durable. « Ne considérez pas cette formation comme une simple opportunité d’acquérir des connaissances. Considérez-la comme le début d’une transformation.» a recommandé Isabelle Dovonon du Réfec-Bénin, représenté au nom de sa présidente, Sessinou Ablawa Lucie aux participantes. D’après elle, le leadership féminin ne commence pas dans les institutions, mais dans la capacité à croire en soi, à prendre des initiatives et à servir sa communauté. La transmission est au cœur de cette démarche. « Les femmes déjà engagées doivent partager leur expérience, et les nouvelles générations doivent apprendre à questionner, proposer et aller plus loin », a-t-elle suggéré. T. Terra, l’invité d’honneur de cette cérémonie abonde dans le même sens en invitant les femmes sélectionnées à la persévérance.
Une cohorte au service du développement
Procédant au lancement des activités de cette 5èm cohorte, le secrétaire général du département du Zou, Julien Ouankpo, représentant le préfet, a appelé les participantes à devenir des actrices du développement, des entrepreneures audacieuses et des créatrices de valeur pour le Bénin. « Le développement de notre pays ne pourra être pleinement réalisé que lorsque chaque fille et chaque femme aura les moyens de révéler son potentiel », a déclaré Julien Ouankpo, soulignant la pertinence du projet porté par l’Ong Levons-nous et bâtissons. Pour lui, Fica-Feca s’inscrit dans la dynamique de transformation impulsée par le président Patrice Talon, fondée sur la compétence, le travail, l’initiative et la responsabilité. Dans cette vision, la femme béninoise ne doit plus être spectatrice, mais actrice du changement. S’adressant aux bénéficiaires, le représentant du préfet a insisté sur la portée de leur engagement. « Vous n’êtes pas simplement des participantes à une formation. Vous êtes des femmes leaders en devenir, des entrepreneures, peut-être même les futures créatrices d’emplois de notre département», a-t-il souligné. Il les a ensuite invitées à ne pas rechercher une simple attestation, mais une véritable transformation. « Venez chercher des compétences, de la confiance, des idées, des réseaux et des opportunités. Notre pays n’a pas seulement besoin de femmes qui rêvent, mais de femmes qui transforment leurs rêves en projets et leurs projets en solutions pour la société», a insisté Julien Ouankpo pour l’échec ne doit jamais être perçu comme une incapacité. « Échouer, c’est parfois simplement apprendre une nouvelle manière de réussir. Alors, soyez audacieuses», a-t-il prodigué aux filles et femmes capables. Après avoir salué la détermination de la coach et celle du président de l’Ong au service du développement communautaire, le secrétaire général du département a exprimé le souhait que cette cinquième cohorte devienne une référence de femmes capables de créer des activités, de développer des entreprises et d’accompagner d’autres femmes dans leur ascension. « Si chacune de vous peut répondre à ces trois questions : qu’ai-je appris, qu’ai-je entrepris, quelle valeur ai-je créée, alors Fica-Feca aura pleinement atteint son objectif », a-t-il conclu.
Des voix féminines qui promettent de s’affirmer
Les bénéficiaires de la cinquième promotion de Fica-Féca ont pris acte des différents conseils et recommandations adressées à leur endroit par leurs aînés. Chacune d’elles a alors pris la résolution de travailler à bénéficier plus de la confiance de l’Ong et à impacter sa communauté. Parmi celles-ci, Latifatou Tchégnonhou, originaire de Djougou. Elle a exprimé sa fierté. « Être présente ici ce matin, c’est une grande joie et une grande fierté. Je vais apprendre beaucoup et je ne serai plus la femme que je suis aujourd’hui, je vais me réaffirmer et devenir une femme capable réellement», s’est-elle engagée. De son côté, Jeanne Wouanta a insisté sur la portée de cette initiative. « Filles et Femmes Capables, ce n’est pas seulement des formations ou des attestations. C’est une opportunité d’oser prendre la parole, de s’affirmer et de devenir actrice du développement. Les femmes ne doivent plus être en marge des décisions, elles doivent en être des protagonistes», fait-elle remarquer. Ces témoignages traduisent l’esprit de Fica-Feca, celui d’offrir aux jeunes femmes un cadre de formation et de transformation, mais surtout les pousser à devenir des leaders capables d’impacter durablement leurs communautés.
Z. T. (Br Zou-Collines)

















